V ou VI Nations, l'Italie mérite-t-elle toujours sa place dans le Tournoi ?

Publié le 4 février 2023 à 8h00, mis à jour le 6 février 2023 à 9h15

Source : Sujet TF1 Info

Tous les ans, en amont du Tournoi, la présence des Italiens, abonnés aux raclées et aux cuillères de bois, suscite un débat nourri.
Mais, en 2023, la donne est différente avec un XV d'Italie en progrès, qui s'avance avec des certitudes et des garanties.
Un renouveau que les partenaires d'Ange Capuozzo auront l'occasion de valider face à la France, dimanche 5 février, en ouverture du Six Nations.

Il y a des débats sans fin. Celui-ci est inhérent aux Six Nations. Tous les ans, à la même époque, l'Ovalie se pose la même question : l'Italie, pire équipe du Tournoi sous sa forme actuelle, est-elle encore légitime à le jouer ? Il faut dire que la Squadra Azzurra, intégrée en 2002, a de (très) lourds antécédents. En 23 participations, elle compte 101 défaites pour seulement 13 victoires. Pis, ce sempiternel bonnet d'âne, qui a terminé 17 fois (!) à la dernière place, est reparti 11 fois avec la cuillère de bois, un trophée informel qui "récompense" l'équipe qui perd tous ses matchs, dont six fois de suite entre 2016 et 2021.

Mais cette période, où "la Botte" était humiliée, est peut-être révolue. En 2022, l'espoir est né. De manière inattendue, avouons-le, puisque les héritiers de Diego Dominguez, recordman de points (983), et Marcello Cuttitta, son équivalent à l'essai (25), ont réalisé un exploit majuscule. Le 19 mars, à Cardiff, lors de la dernière journée du Six Nations, les Azzurri ont renversé le pays de Galles (21-22), tenant du titre, signant - après 36 défaites consécutives dans le Tournoi - leur premier succès depuis le 28 février 2015 (19-22 en Écosse). Une victoire au mérite acquise, sur le gong, après une chevauchée magique d'Ange Capuozzo, couronnée révélation de l'année par World Rugby, conclue par l'essai d'Edoardo Padovani.

Deux exploits et de nets progrès

Une équipe vivifiée depuis par l'éclosion de vrais talents - le demi d'ouverture Paolo Gerbisi (22 ans), le capitaine Michele Lamaro (24 ans) ou le troisième-ligne Lorenzo Cannone (22 ans) -, auxquels le sélectionneur néo-zélandais Kieran Crowley, en poste depuis mai 2021, a mis le pied à l'étrier. Autrefois battu avant même de jouer, le XV d'Italie, porté par sa jeunesse, s'est prouvé, avec l'exploit de Cardiff, que rien n'était impossible. Comme libérée d'un poids, la Squadra Azzurra a montré aux sceptiques, durant les Tests d'automne, que la victoire (logique) face au "XV du Poireau" n'était en rien un épiphénomène. Pour la première fois de leur histoire, les Transalpins, séduisants et prometteurs dans le jeu, ont battu l'Australie (28-27). 

"L'Italie a réalisé de réels progrès ces derniers mois et a prouvé être aujourd'hui en mesure de battre régulièrement de grandes nations de ce jeu", loue à Rugbyrama son emblématique capitaine Sergio Parisse (142 capes), mis au rebut depuis 2019. "Le rugby italien récolte aujourd'hui les fruits d'une superbe génération des moins de 20 ans, laquelle a enchaîné les bons résultats chez les jeunes. En clair, la Squadra Azzurra montre une belle image et ça fait plaisir." De quoi faire dire au troisième-ligne du RC Toulon que le rugby de "la Botte", "plein d'énergie, plein d'espoir", "est peut-être aux prémices d'un très beau cycle." "Nous sommes en tout cas nombreux à y croire", avoue le recordman de matchs joués (64 apparitions) dans le Tournoi.

Alors que l'Ovalie se demandait, l'hiver dernier, si l'Italie devait laisser sa place à une autre nation, en l'occurrence la Géorgie, l'année 2023 pourrait asseoir sa légitimité dans le Six Nations. D'ailleurs, ses adversaires, le XV de France en tête, qui se rend à Rome, dimanche 5 février (à 16h, en live commenté sur TF1info), se méfie de ces Azzurri sur la voie de la rédemption. "L'Italie est solide, c'est une équipe dynamique, en plein essor, en retour au premier plan", atteste Raphaël Ibanez, le manager général du XV de France. "Elle est magnifique." "Des Italiens magnifiques, en reconquête", que le sélectionneur Fabien Galthié ne prend pas par-dessus la jambe. "C'est un adversaire sublime, un défi extraordinaire." Qui l'eut cru, il y a un an encore ?


Yohan ROBLIN

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