Tournoi des Six Nations : pourquoi le choc France-Angleterre est-il surnommé le "Crunch" ?

Publié le 12 mars 2024 à 16h58, mis à jour le 15 mars 2024 à 23h00

Source : JT 20h WE

Aucun match ne suscite autant d'engouement.
Le XV de France retrouve son éternel ennemi anglais, samedi 16 mars (à 21h, à suivre sur TF1info), en clôture d'un Tournoi brouillon et tourmenté.
Cet affrontement à haute intensité, plus connu sous le nom de "Crunch", promet de craquer sous la dent.

Croustillante, croquante, mordante... Sa seule évocation fait frémir les papilles. Chaque année, l'affiche France-Angleterre (ou Angleterre-France) est LE temps fort du Tournoi. Un terme a été même imaginé pour la désigner : le Crunch. N'y voyez aucun lien avec la gaufrette fourrée aux céréales et enrobée de chocolat au lait. Cette expression anglaise, entrée dans les mœurs, que l'on peut traduire par "craquement" ou "crissement" dans la langue de Molière, signifie "moment crucial". Un titre savoureux à la hauteur de l'engouement pour cette rivalité historique et exacerbée entre les deux meilleurs ennemis du rugby.

Les retrouvailles à Lyon, à l'occasion de l'alléchante 111e confrontation entre le "XV du Coq" et le "XV de la Rose", samedi 16 mars (à 21h, en live commenté sur TF1info), ne manqueront pas d'intérêts. D'abord, en raison du passif entre les deux nations (60 victoires pour l'Angleterre, 43 succès pour la France et 7 matchs nuls), un an après la déculottée historique de Twickenham, "le Temple du rugby", où la bande de Damian Penaud a humilié son ennemi de toujours (10-53). Ensuite, aussi et surtout, pour l'enjeu autour de ce combat.

Rassurés par leur victoire à Cardiff, après un Tournoi décousu, les Bleus vont avoir à cœur de réparer une anomalie : ils n'ont plus gagné à domicile depuis la correction infligée à l'Italie (60-7), le 6 octobre dernier. Les deux seuls succès des Tricolores ont été signés en déplacement, en Écosse (20-16) et au pays de Galles (24-45). À la maison, ils ont été balayés par l'Irlande (17-38) au Stade de France et accrochés par l'Italie (13-13) du côté de Lille. Pour se faire pardonner, et donner enfin un peu de joie à leurs fans qui n'ont pas voyagé, ils savent donc ce qui leur reste à faire.

"Le Crunch, c'est le Crunch"

Ce qui est sûr que ce Crunch, par définition, est un match à part dans le milieu de l'ovalie. "J'aime bien ce mot, il résume bien l'atmosphère de la rencontre. Un match qui craque et qui croustille en permanence", résumait l'ancien talonneur et capitaine tricolore Philippe Dintrans (50 capes, 1979-1990), qui s'est frotté à sept reprises à la "Perfide Albion" dans les années 1980. Dans ce combat de tous les instants, l'engagement est total, flirtant souvent avec la limite.

Ce qui a donné lieu à une série de matchs d'anthologie entrés dans l'Histoire. "Quand on casse la tablette, tout explose autour", s'amusait l'ancien centre international Richard Dourthe (31 sélections, 1995-2001), osant la comparaison avec la célèbre barre chocolatée. "Sur le terrain, c'est un peu pareil. Il y a toujours une excitation mutuelle qui entraîne une opposition très musclée. Le Crunch, c'est le Crunch."

Mais, au fait, d'où vient le terme Crunch ? Son origine demeure incertaine, et le temps n'a pas aidé à établir le moment exact où l'expression a été employée pour la première fois. Certains assurent qu'elle a été utilisée, dès 1906, en marge du premier France-Angleterre (8-35), joué au Parc des Princes. D'autres avancent qu'elle est apparue, bien plus tard, en 1981, dans les colonnes du quotidien irlandais The Irish Time. Bref, vous l'aurez compris, chaque théorie a ses partisans, sans que l'on sache qui dit vrai. De quoi nourrir un peu plus, s'il ne le fallait, la légende de cet antagonisme franco-anglais, qui perdure depuis plus d'un siècle. 


Yohan ROBLIN

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