Ancien patron du Tour de France, Xavier Louy estime que le cyclisme est injustement pointé du doigt lorsque l'on évoque le dopage.
Selon lui, il n'y a pas de contrôles dans le monde du football ou du tennis.
Ces deux sports sont pourtant dans le viseur des organismes de lutte contre le dopage, en France, comme à l'étranger.

Alors que l'épilogue du Tour du France approche, le maillot jaune danois Jonas Vingegaard impressionne. Ses performances hors norme, comme celle d'autres athlètes du peloton, nourrissent des soupçons de dopage. Et ce malgré de très nombreux contrôles quotidiens et l'absence de cas positifs depuis le début de l'épreuve.

Lorsque l'on évoque le dopage, le cyclisme fait-il office de bouc-émissaire ? C'est ce que suggère un ancien patron du Tour de France, Xavier Louy. "On s’est servi du dopage dans le cyclisme pour cacher ce qu’il se passe dans les autres sports", a-t-il lancé, il y a quelques jours au Figaro. "Je pense qu'il y a zéro contrôle antidopage dans le football, aucun contrôle sérieux dans le tennis", a ajouté le patron de la Grande Boucle, lors de l'édition 1988.

Le football sur le podium des sports les plus contrôlés

Dans le monde du football et du tennis, les joueurs et joueuses professionnels échappent-ils aux contrôles ? "Non", tranche l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), sollicitée par TF1info. Il suffit d'ailleurs de consulter son rapport annuel d'activité 2022 pour s'en convaincre, puisque celui-ci fait état de plus de 1400 contrôles dans le football (dont 6 se sont révélés frauduleux).

"Notre mission est de contrôler les meilleurs sportifs français ainsi que les compétitions nationales", précise l'AFLD, qui se charge entre autres des tests effectués en Ligue 1. "On contrôle n'importe quel joueur dans le cadre du championnat", ajoute l'Agence. Il est d'ailleurs tout à fait possible qu'en parallèle, des athlètes soient contraints de se soumettre à d'autres tests lorsqu'ils effectuent des compétitions internationales avec leur sélection, ou qu'ils disputent des matches de coupe d'Europe. Dans ces cas de figure, les analyses sont effectuées à l'initiative des instances en charge des compétitions, la Fifa ou encore l'UEFA.

Le football figure ainsi sur le podium des sports les plus contrôlés par l'AFLD, derrière le rugby, mais devant l'athlétisme ou le basket. Le tennis, avec 128 contrôles l'an passé, apparaît plus loin dans la liste. Cela s'explique par plusieurs facteurs : "Un vivier de joueurs et joueuses pros plus réduit", selon l'AFLD, ainsi que des contrôles assumés en grande partie par la Fédération internationale de tennis, l'ITF. Les compétitions internationales disputées sur le sol français, que ce soit Roland-Garros ou le masters de Bercy, se trouvent sous sa responsabilité. Au cours de l'année 2021, plus de 6600 tests ont été réalisés à son initiative, lors de compétitions rapportant des points pour le classement ATP ou WTA. Au cours des dernières années, des sanctions ont régulièrement été prononcées, contre Simona Halep, Maria Sharapova ou plus récemment contre le Suédois Mikael Ymer.

Il arrive aussi que l'AFLD aide l'ITF : certains tests en France lui sont délégués, lors d'épreuves de moindre renommée. Une collaboration à laquelle s'ajoute le contrôle du "top élite de chaque sport", tennis compris. Les meilleurs athlètes français de chaque discipline sont ainsi tenus de se localiser quotidiennement et de fournir des créneaux pour pouvoir être contrôlés. Ils font partie d'un "groupe cible", comme le nomme l'AFLD, qui compte, par exemple, sept joueurs et joueuses de tennis tricolores. Si Caroline Garcia ou Gaël Montfils figurent dans le groupe cible de la fédération internationale (et sont donc sous sa supervision), Benoît Paire, Arthur Fils ou encore Léolia Jeanjean sont présents dans celui de l'AFLD. Pour eux, la lutte antidopage fait partie du quotidien puisqu'ils sont tenus de se rendre disponible tout au long de l'année pour des tests sanguins et/ou d'urine.

Le tennis, comme le football, n'ont aucune raison d'être ignorés par l'Agence française ou les autres instances de lutte contre le dopage. "Il s'agit de sports très suivis, notamment parce qu'ils sont très rémunérateurs", confie l'agence. "Les sports moins exposés médiatiquement, qui rapportent peu aux joueurs et joueuses, sont par ailleurs moins exposés au dopage." C'est en partie pour cette raison qu'en France, "le foot sera toujours suivi de plus près que le tir-a-l'arc"

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Thomas DESZPOT

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