La France face à une 3e vague d'ampleur

"Une injustice totale" : positif au Covid, Fernando Verdasco veut être indemnisé par Roland-Garros

Yohan ROBLIN
Publié le 30 septembre 2020 à 13h15
Sorti du tableau de Roland-Garros après un test positif, Fernando Verdasco va demander une compensation au tournoi.

Sorti du tableau de Roland-Garros après un test positif, Fernando Verdasco va demander une compensation au tournoi.

Source : DAVID GRAY / AFP

COLÈRE - Privé de Roland-Garros après un test positif au Covid, Fernando Verdasco contre-attaque. Le vétéran espagnol, qui met en cause "la mauvaise gestion générale", va demander une compensation au tournoi parisien.

Il bout de l'intérieur. Et il ne compte pas en rester là. Exclu du tableau principal de Roland-Garros en raison d'un test positif subi deux jours avant le tirage au sort, Fernando Verdasco veut être indemnisé pour le préjudice qu'il a subi. "Ce qui s'est passé est une injustice totale. Je ne peux pas jouer, je ne peux pas gagner de points (ATP)", a fait savoir le vétéran espagnol de 36 ans mardi à la chaîne espagnole La Sexta. Des propos qu'il a étayés dans L'Équipe ce mercredi 30 septembre. "La situation est entre les mains des avocats et de mes agents", a-t-il confié. "Nous voulons envoyer une lettre officielle à Roland-Garros et à la Fédération française, en mon nom mais aussi celui de la Fédération espagnole, qui adressera également un courrier à la FFT."

Déclaré positif, le triple vainqueur de la Coupe Davis avec l'Espagne avait tenté de plaider sa cause. Il avait expliqué à l'organisation avoir contracté le Covid-19, "de façon asymptomatique", pendant l'été. "Je leur ai apporté les preuves que j'avais depuis passé quatre tests négatifs. Ils avaient toutes les informations", a-t-il assuré au quotidien. "Je leur ai dit qu'il s'agissait sans doute d'une erreur, que j'avais des anticorps, que l'on pouvait faire une analyse de sang pour vérifier que mes anticorps me rendaient désormais immunisé et non contagieux." Persuadé d'être un "faux positif", le Madrilène n'a pas été autorisé à passer un autre test, ce que la FFT a justifié depuis, pour prouver qu'il était négatif, et, ainsi être réintégré dans le tableau final. 

Évincé du Grand Chelem parisien, Verdasco avait assuré dans un tweet avoir procédé à trois dépistages - deux PCR et un sérologique -, de sa propre initiative, dans des trois laboratoires différents. Tous revenus négatifs. Mais, s'il n'aurait pas pu être testé de nouveau quoi qu'il arrive, le 59e joueur mondial peut légitimement se sentir lésé. Le soir même de son exclusion, la notion d'antériorité est rentrée en ligne de compte dans le protocole anti-Covid. Tout participant testé positif n'est désormais plus renvoyé des Internationaux de France s'il peut prouver que sa contagion est antérieure au tournoi.

C'est irrespectueux pour un joueur qui joue à Roland-Garros depuis 16 ans

Fernando Verdasco, exclu du tournoi après un test positif

Ce qui a ravivé la colère froide de l'Espagnol, qui a appris l'évolution du protocole alors qu'il était déjà trop tard pour lui. "Imaginez mon indignation, c'est incroyable, c'est irrespectueux pour un joueur qui joue à Roland-Garros depuis 16 ans", a-t-il déploré auprès de La Sexta. "Ma colère était évidemment encore plus grande quand j'ai appris que la règle avait changé, un jour après que j'ai quitté Paris et qu'on m'avait exclu du tournoi", a poursuivi l'ex-numéro 7 mondial en 2009 dans L'Équipe, pointant du doigt "la mauvaise gestion générale". "Le seul qui a tenté de me joindre a été Guy Forget (le directeur du tournoi, ndlr), mais j'étais tellement en colère de voir que tous mes tests étaient négatifs que j'ai dit à ma femme que je ne voulais ni voir du tennis, ni en entendre parler, avec personne. J'étais tellement triste. C'est une situation très dure, mentalement, psychologiquement."

"Je ne peux pas imaginer ce qui se serait passé si c'était arrivé au haut du classement", s'est également interrogé à la télévision espagnole l'ancien numéro 7 mondial en 2009. "Il y a toujours plus d'avantages pour certains que pour d'autres", a-t-il lâché, sans donner de nom. Le reverra-t-on un jour sur la terre battue de Roland-Garros ? "Qu'on me traite avec si peu de respect, ça m'a beaucoup affecté", a affirmé l'Espagnol. Il est permis d'en douter sérieusement, tant son aigreur est palpable.


Yohan ROBLIN

Tout
TF1 Info