Russes et Biélorusses autorisés à Wimbledon mais sous bannière neutre, l'Ukraine s'insurge

par M.G avec AFP
Publié le 31 mars 2023 à 18h21, mis à jour le 1 avril 2023 à 9h45

Source : Sujet TF1 Info

Sous la pression de l'ATP et de la WTA, Wimbledon a donné son feu vert à la participation des Russes et Biélorusses à l'édition 2023 de la compétition de tennis.
Les sportifs concernés devront toutefois se présenter sous bannière neutre.
L'Ukraine, de son côté, dénonce une "décision immorale".

Finalement, Wimbledon s'aligne sur les autres tournois du Grand Chelem. Les organisateurs de la compétition de tennis londonienne a donné, vendredi 31 mars, son feu vert à la participation "sous conditions" des joueurs russes et biélorusses cette année. "Notre intention actuelle est d'accepter la participation des joueurs russes et biélorusses à condition qu'ils concourent comme des athlètes neutres et qu'ils remplissent les conditions voulues", indique l'All England Lawn Tennis Club (AELTC) dans un communiqué. "Nous condamnons toujours totalement l'invasion illégale par la Russie et nous maintenons notre profond soutien au peuple d'Ukraine", assure le président de l'AELTC, Ian Hewitt, évoquant une décision "incroyablement difficile" à prendre.

Dans le détail, "il sera interdit" aux joueurs et joueuses de tennis concernés "d'exprimer leur soutien à l'invasion russe de l'Ukraine". De même, ceux qui "reçoivent des aides financières" de Moscou ou Minsk pour participer à la compétition ne seront pas admis sur le gazon anglais. 

Une décision "immorale", dénonce Kiev

Malgré tout, ce choix ne passe pas à Kiev. "La décision de Wimbledon d'autoriser la participation des joueurs russes et biélorusses est immorale. La Russie a-t-elle mis fin à son agression ou à ses atrocités ?", s'insurge Dmytro Kouleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie appelle le gouvernement britannique à ne pas délivrer de visas aux athlètes concernés.

Depuis l'invasion russe, fin février 2022, Wimbledon a été le seul des quatre tournois du Grand Chelem à refuser les joueurs russes et biélorusses. Ceux-ci ont pu participer sous bannière neutre et sans mention de leur nationalité à Roland-Garros, à l'US Open et, en début de saison, à l'Open d'Australie. Cette prise de position avait suscité le courroux de l'ATP et de la WTA - instances dirigeantes des circuits professionnels de tennis masculin et féminin -, qui avaient déploré la rupture du principe "fondamental" d'équité entre tous les joueurs de participer à tous les tournois "en fonction de leur mérite et sans discrimination". En réponse, Wimbledon avait été privé de points ATP et WTA.

L'ATP et la WTA ont obtenu gain de cause...

Aussi, les deux organisations ont salué le choix du Majeur londonien pour cette année. "Nous sommes contents que tous les joueurs puissent participer à Wimbledon et aux autres tournois de la LTA (Fédération britannique de tennis, ndlr) cet été", commentent-elles dans un communiqué commun. L'AELTC reconnaît, elle, avoir eu pieds et poings liés : sa décision de 2022 avait provoqué une "forte réaction de déception" de la part de "certaines instances gouvernantes du tennis" et réitérer l'interdiction cette année aurait eu "des conséquences dommageables pour l'intérêt des joueurs, des fans, du tournoi de Wimbledon et du tennis britannique".

De son côté, la Fédération internationale (ITF), qui a suspendu "jusqu'à nouvel ordre" Russie et Biélorussie des compétitions sous son égide, note avec une certaine résignation "l'évolution" de la position de la LTA et de l'AELTC. "La position de l'ITF sur ce sujet est claire depuis le début et reste la même", affirme-t-elle.

Ce revirement intervient trois jours après les recommandations du Comité international olympique (CIO) de réintégrer les Russes et Biélorusses dans les compétitions sportives internationales, sous bannière neutre et "à titre individuel"


M.G avec AFP

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