L'épilogue de l'histoire d'amour, débutée en 2005, entre Rafael Nadal et Roland-Garros se rapproche.
Avant de défier Alexander Zverev au 1ᵉʳ tour, l'Espagnol a confié qu'il y avait "de grandes chances" qu'il participe à son dernier tournoi parisien.
Mais après s'être battu pour rejouer ce Grand Chelem, le maître des lieux, sacré à 14 reprises, rentrera sur le court avec l'envie qui l'a toujours animée : celle de gagner, gagner et encore gagner.

Rafael Nadal a bâti sa légende sur le court Philippe-Chatrier. Pour la dernière fois, peut-être, le "Taureau de Manacor" s'apprête à fouler la terre de ses exploits. Dix-neuf ans après avoir soulevé la première de ses 14 Coupes des Mousquetaires, record absolu, l'inépuisable "Rafa" va faire son retour, et possiblement ses grands adieux, à Roland-Garros, lundi 27 mai, dans l'après-midi.

Non protégé par le statut de tête de série, à cause de sa dégringolade au classement ATP (275e place mondiale), consécutive à ses opérations du psoas et de la hanche, qui l'ont écarté du tennis pendant près d'un an, l'Espagnol de 37 ans - bientôt 38, le 3 juin - n'a pas été épargné au tirage. L'homme aux 112 victoires en 115 matchs disputés aux Internationaux de France depuis sa première participation en 2005 a hérité pour premier adversaire d'Alexander Zverev, numéro 4 mondial, tout juste titré au Masters 1000 de Rome.

Quel intérêt de se fermer des portes ?
Rafael Nadal, ex-numéro 1 mondial

Un 1ᵉʳ tour hors normes, une affiche rare en première semaine du Grand Chelem parisien, qui pourrait bien être la dernière danse Porte d'Auteuil de l'alter ego de Roger Federer. Même si lui-même n'en est pas intimement persuadé. "Il y a de grandes, grandes chances que ce soit mon dernier Roland-Garros", a-t-il expliqué, samedi 25 mai, devant la presse. "Mais si je dois vous dire que c'est à 100% mon dernier Roland, je suis désolé, mais je ne le ferai pas, parce que je ne peux pas prédire ce qu'il va se passer." Une rhétorique qu'il a répétée, le soir-même, sur France Télévisions. "Quel intérêt de se fermer des portes ?"

Assurant se sentir "mieux qu'il y a un mois et demi", malgré le "désastre" de Rome, où il a pris la porte au 2ᵉ tour, "Rafa" s'est reboosté physiquement et mentalement. Ses derniers entraînements sur sa terre battue fétiche l'ont convaincu qu'il était "capable de rivaliser avec quasiment tout le monde". "Je ne me sens pas beaucoup plus mauvais que les autres, ça me donne de l'espoir", a-t-il insisté. "On va voir ce qui va se passer. J'ai un 1ᵉʳ tour difficile, même très difficile. Ce n'est pas l'idéal, mais c'est la même chose (pour Zverev, ndlr)."

Il ne veut pas d'hommage... pour l'instant

Bien que la fin de l'aventure approche irrémédiablement, l'ex-numéro 1 mondial a expliqué n'avoir, pour des raisons évidentes de motivation, aucun intérêt à annoncer à l'avance qu'il ne rejouera plus à Roland-Garros. Il a d'ailleurs demandé aux organisateurs de ne pas lui réserver une cérémonie d'hommage cette année. "On a le temps pour préparer quelque chose de sympa dans le futur", a-t-il indiqué. "Les choses se feront naturellement avec le public. Si, l'année prochaine, le tournoi a envie de faire un événement, même si je ne joue pas, je viendrai pour ça."

Un choix qu'Amélie Mauresmo, la directrice du tournoi, a dit "évidemment" respecter. "On va suivre son envie", a-t-elle assuré, dimanche 26 mai, aux médias. "On l'accompagnera le moment venu, mais c'est lui qui choisit son timing. Donc ne soyez pas surpris s'il n'y a rien sur le court cette année." Pour le jubilé du roi Nadal, il faudra patienter. Profitons donc du temps qu'il lui reste pour l'admirer, raquette en main.


Yohan ROBLIN

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