Tokyo 2021 : des JO sous le signe du Covid

"Vous n'avez pas honte ?" : des médaillés aux JO épinglent Blanquer et ses propos sur l'EPS

La rédaction de LCI
Publié le 9 août 2021 à 22h19
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation Nationale.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation Nationale.

Source : Ludovic MARIN / AFP

DROIT DE RÉPONSE - Après les performances des sports collectifs français aux JO de Tokyo, Jean-Michel Blanquer a vanté le succès de l'enseignement du sport à l'école. Ce qui n'a pas convaincu plusieurs grands champions tricolores.

Les louanges de Jean-Michel Blanquer passent mal. Plusieurs sportifs se sont moqués lundi 9 août d'un tweet du ministre de l'Éducation nationale de la Jeunesse et des Sports, qui a rendu hommage à l'EPS après les performances des sports collectifs français aux JO de Tokyo. "Vive le sport collectif ! Vive l'EPS ! Le succès de nos équipes de France de BHV (basketball, handball et volleyball, ndlr) illustre la qualité de l'enseignement de ces sports à l'école. Saluons le travail des enseignants d'EPS et la bonne collaboration avec les fédérations" a-t-il écrit en référence aux résultats des Bleus (3 médailles d'or, 1 d'argent, 1 de bronze).

"Ça dit quelque chose, que des sports comme le handball, le basket ou le volley sont des sports très pratiqués à l'école par nos professeurs d'éducation physique et sportive depuis des années et des années", a-t-il insisté, lundi, sur Europe 1. "Le système scolaire, dans la durée, a beaucoup d'importance pour l'ensemble de la population et pour l'élite du sport".

Vice-champion olympique, après la défaite des Bleus en finale face à Team USA, le basketteur Evan Fournier n'a pas caché son désaccord avec les propos du ministre de tutelle de Roxana Maracineanu. "J'ai tellement de chose à dire en voyant ça, je sais même pas par où commencer", a tweeté l'ancien joueur du Magic d'Orlando, avant de poursuivre : "Au contraire monsieur le ministre Jean-Michel Blanquer. Notre culture sportive à l'école est désastreuse. Si mes coéquipiers et moi-même sommes arrivés à l'élite de notre sport, c'est grâce aux associations sportives, aux clubs, aux bénévoles, mais en aucun cas grâce à l'école."

Je ne vois pas en quoi l'EPS a une relation avec des médailles aux JO

Vincent Poirier, pivot de l'équipe de France de basket

Avant l'arrière des New York Knicks, le discours de Blanquer avait fait bondir Vincent Poirier. Le pivot des Bleus du basket avait ainsi répondu au tweet du ministre : "J'ai quand même rarement (fait) du basket à l'école, mais tranquille". "L'école ne forme pas de sportif de haut niveau, les clubs et Fédérations oui. Je ne vois pas en quoi l'EPS a une relation avec des médailles aux JO", avait-il ajouté. "L'EPS, c'est deux heures de temps libre entre math et français." Lundi, il a commenté une photo du compte Twitter de l'Équipe de France de basket sur laquelle il figure, avec sa médaille : "Et mercé (merci, ndlr) l'EPS hein".

D'autres sportifs sont aussi montés au créneau pour dénoncer les propos du ministre. Le gardien de but de handball Vincent Gérard, champion olympique, y est, lui aussi, allé de son tweet : "Heureux de voir que l'EPS est considérée sur les réseaux sociaux. Parce que dans la réalité... Comme le reste de l'enseignement d'ailleurs, les moyens ne sont pas là..." 

Un constat partagé par l'ancien rugbyman Maxime Mermoz, qui a interpellé Jean-Michel Blanquer sans prendre de pincettes. "Vous n'avez pas honte ??? Le sport à l'école ? On en fait au minimum à l'école !", a taclé l'ancien international du XV de France. "Heureusement que des passionnés sont là en club !!!! Des bénévoles qui donnent tout pour nos jeunes !! Quels sont les moyens donnés au sport scolaire pour faire des champions de demain ??" La nageuse Marie Wattel, sixième du 100m papillon à Tokyo, a, elle, préféré l'humour à l'attaque franche : "J'hésite à reprendre les cours d'EPS du coup pour Paris 2024".


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