Pilote blessé, attentat, enquête... ce que l'on sait après l'explosion sur le Dakar

Publié le 5 janvier 2022 à 13h58
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

POINT - Le 30 décembre, une explosion a touché une voiture d'assistance de l'équipe française Sodicars Racing, blessant gravement le pilote Philippe Boutron, avant le départ du Dakar en Arabie saoudite. Écartée par Jeddah, la piste de l'attentat est avancée par l'écurie touchée. Le parquet antiterroriste français a ouvert une enquête.

Que s'est-il donc passé à Jeddah ? Jeudi 30 décembre, deux jours avant le départ du Dakar, qui a établi son bivouac en Arabie saoudite depuis 2020, un véhicule d'assistance de l'écurie française Sodicars Racing a explosé, avec six personnes à son bord. Le pilote français Philippe Boutron a été sérieusement blessé dans l'explosion, survenue près de l'hôtel, où ses occupants venaient de passer la nuit. L'équipage se rendait sur le site, où avaient lieu les vérifications techniques des voitures devant s'élancer pour participer au plus célèbre rallye-raid du monde. Un grave incident qui est venu secouer le paddock.  

Qui est le pilote grièvement blessé ?

Ce devait être son neuvième Dakar. Parmi les six occupants du véhicule qui a explosé, seul un d'entre eux a été blessé : le pilote de buggy Philippe Boutron, qui était assis derrière le volant. Celui qui est aussi le président de l'US Orléans, club de National, le troisième échelon du football français, a été sévèrement touché aux jambes par la déflagration. Immédiatement pris en charge et opéré dans un hôpital militaire de Jeddah, l'homme d'affaires, âgé de 61 ans, a été rapatrié en France, lundi 3 janvier. Il est depuis hospitalisé à l'hôpital d'instruction des armées Percy, à Clamart, dans les Hauts-de-Seine. 

Philippe Boutron, qui "présente des jambes amochées", a été "placé dans un coma artificiel de façon à alléger ses souffrances", selon un communiqué de l'équipe Sodicars, mis en ligne mardi 4 janvier. "À la demande de son épouse Anne et de ses enfants, ce bulletin de santé sera l'unique", nous précise-t-on. "Il ne va pas bien du tout", avaient confié ses proches, sollicités plus tôt par Le Parisien. "Il n'a pas été simplement blessé au mollet comme on l'a dit au début. Il a été gravement brûlé et déchiqueté au niveau des membres inférieurs. Nous avons très peur que les médecins soient obligés de l'amputer des deux jambes."

La piste de l'attentat est envisagée

Pour l'heure inexpliquée, cette mystérieuse explosion pourrait être la conséquence d'un attentat. Malgré le démenti des autorités saoudiennes, qui ont très vite rejeté tout "soupçon d'ordre criminel", rien ne permet d'exclure un "acte malveillant", ont expliqué les organisateurs. "L'hypothèse d'un acte criminel n'est pas écartée", a affirmé le ministère français des Affaires étrangères, rappelant que "la menace terroriste persiste en Arabie saoudite." La thèse de l'engin explosif, placé volontairement sous le véhicule d'assistance de Sodicars Racing, est en tout cas privilégiée par l'équipe et les proches de Philippe Boutron. 

Tous les témoignages des rescapés ou des membres de l'écurie vont en ce sens. "C'est un attentat, on nous a fait exploser", a raconté à l'AFP le pilote Thierry Richard, qui se trouvait sur le siège passager. "On a vu l'impact sous le véhicule. On n'est pas bête, on sait ce que c'est aussi une déflagration. On a pris un souffle dans la voiture." "Appelez cela comme vous voulez, mais c'est bien un acte malveillant. Un engin explosif a été posé là", a abondé dans les colonnes de La République du Centre Joël Pally, présent lui aussi dans la voiture. Mayeul Barbet, le copilote de Philippe Boutron, à qui lui a prodigué les premiers secours, en est aussi convaincu : il s'agit d'un "attentat". "La bombe placée dans le longeron sous le pédalier a explosé", a-t-il affirmé.

J'ai tout vu, c'est bien un acte volontaire

Richard Gonzalez, patron de l'écurie Sodicars Racing

"C'est bien une charge qu'il y avait sous le longeron de la voiture qui a pété", a confirmé à France Bleu Richard Gonzalez, le patron de Sodicars Racing. "J'étais sur place, j'ai les photos, j'ai tout vu, c'est bien un acte volontaire, il n'y a aucun doute là-dessus." "C'est un attentat, c'est clair", a poursuivi l'attachée de presse Marie-France Estenave auprès de France 3. "Les autres n'ont rien, mais ils ont vu l'enveloppe de la bombe calée dans le longeron avant que le véhicule ne soit saisi par les enquêteurs"

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Ces déclarations de témoins directs et les éléments rapportés ont conduit le parquet national antiterroriste (Pnat) à se saisir. Une enquête préliminaire a été ouverte, mardi 4 janvier, à Paris, pour "tentative d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste". Les investigations sur les causes de cette explosion ont été confiées à la Direction de la sécurité intérieure (DGSI). 


Yohan ROBLIN

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