Euro 2022 : le manque de réalisme, cet écueil que les Bleues doivent gommer contre l'Allemagne

Publié le 24 juillet 2022 à 16h58, mis à jour le 25 juillet 2022 à 14h14
Euro 2022 : le manque de réalisme, cet écueil que les Bleues doivent gommer contre l'Allemagne

L'équipe de France s'est qualifiée samedi pour sa première demi-finale d'un tournoi majeur depuis 10 ans.
Pour cela, elle a terrassé les championnes d'Europe en titre néerlandaises après prolongation (1-0, a.p).
Au prochain tour, contre l'Allemagne, les joueuses de Corinne Diacre devront toutefois se montrer plus tueuses devant le but pour espérer s'offrir une première finale européenne.

"Le mot d'ordre, ce sera d'être efficaces dans les deux surfaces". En donnant la couleur, à la veille du match contre les Pays-Bas, Wendie Renard ne pensait pas si bien dire. Si cette sortie médiatique pouvait ressembler à tous les autres, avec sa dose de langue de bois caractéristique, elle trouve finalement un écho tout particulier au moment d'analyser le combat dantesque que les Bleues ont remporté contre les championnes d'Europe bataves (1-0, a.p). 

Si elles ont presque totalement dominé leur sujet, les joueuses de Corinne Diacre ne sont pourtant pas passées loin de la correctionnelle, se laissant embarquer dans une périlleuse prolongation. La raison ? Un manque, parfois proche du surréalisme, de réalisme. 

33 tirs... mais un seul but

Au cours des cent vingt minutes qu'a duré leur quart de finale, les Françaises se sont procurées des occasions de but à la pelle. 33 tirs, 13 cadrés et une valeur Expected Goals atteignant 4,4. Les chiffres confirment l'impression visuelle : les tricolores auraient pu et auraient dû marquer plus de buts et ouvrir le score bien avant la 102e minute et le penalty salvateur d'Eve Périsset. 

Malheureusement, elles ont inlassablement buté sur une Daphne Van Domselaar en état de grâce (11 arrêts). Les partenaires de la "supersub" Selma Bacha ont également manqué de réussite, touchant le poteau par Delphine Cascarino et se heurtant à deux sauvetages miraculeux de Stefanie Van der Gragt sur sa ligne de but. En face, les Néerlandaises n'ont tenté que 9 tirs, pour 1 cadré (0,6 xG au total). Une différence abyssale de production offensive entre les deux équipes, très rares à ce niveau de la compétition, et qui ne se reflète pourtant pas au score. 

On est tombées sur une gardienne plus qu'en état de grâce
Corinne Diacre

C'est bel et bien la réussite offensive, comme l'avait prédit Wendie Renard, qui a fait défaut aux Bleues samedi et a failli leur coûter cher. "On aurait aimé marquer plus tôt. On est tombées sur une gardienne plus qu'en état de grâce", a résumé Corinne Diacre après la rencontre. "On ne vous a pas donné de réponse sur l'aspect offensif, en tout cas pas en terme d'efficacité. En revanche, en termes d'occasions, de situations dangereuses, on est largement devant", a-t-elle ajouté, préférant voir le verre à moitié plein. "Ce groupe est allé chercher quelque chose d'important. Il aurait pu lâcher prise parce qu'il a beaucoup donné, beaucoup essayé, et ce que j'ai aimé, c'est qu'il n'a rien lâché. Il a continué d'insister en conservant le plan de jeu fixé", a conclu la sélectionneuse. 

L'Allemagne n'a toujours pas encaissé de but

Si les motifs de satisfaction existent, et sont nombreux, après cette rencontre, la France doit absolument corriger ses problèmes à la finition au tour suivant. Impressionnante depuis le début de la compétition, l'Allemagne n'en concédera certainement pas autant. D'ailleurs, la Mannschaft est la seule équipe à n'avoir toujours encaissé aucun but dans cet Euro. Espagne (2-0), Danemark (4-0), Finlande (3-0) et même Autriche (2-0), en quarts de finale, ne sont jamais parvenus à trouver la faille. 

Pour espérer mettre fin à cette statistique et l'emporter, les Françaises devront donc se montrer beaucoup plus tueuses devant le but. Les énormes manqués, à l'image de Toletti en position idéale après un cafouillage (23'), Geyoro toute seule face aux cages (86') ou de Sarr imprécise dans la surface (106', 107'), ne seront plus permis. Si elle est reconduite à la pointe de l'attaque, la jeune Melvine Malard devra aussi se montrer plus tranchante, elle qui ne s'est procurée qu'une seule vraie occasion de but (37'). 

Mention bien de l'autre côté du terrain

Heureusement, les tricolores ont, en revanche, assuré dans leur propre surface. Dans le sillage de son expérimentée charnière centrale Renard-Mbock - respectivement 135 et 69 sélections -, elles n'ont quasiment rien concédé aux Oranje. Cette solidité a été bonifiée par une Pauline Peyraud-Magnin toujours attentive et un effort collectif de tous les instants pour laisser le moins d'espaces possible à Miedema and co. Résultat des courses, un premier clean sheet dans le tournoi et le plein de confiance avant le sprint final. "Vous étiez inquiets sur l'aspect défensif, je pense qu'on vous a donné beaucoup de réponses ce soir", s'est félicitée Corinne Diacre. 

Une excellente copie à confirmer mercredi 27 juillet (21h, en direct sur TF1 et en live commenté sur TF1 Info). 


Maxence GEVIN

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