La Coupe du monde 2022 sur TF1

Génération vieillissante, tableau défavorable… La Belgique au Qatar "avec les pieds de plomb"

Idèr Nabili
Publié le 23 novembre 2022 à 8h00
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Troisième de la dernière Coupe du monde, la Belgique entame ce mercredi son Mondial qatari, face au Canada (20h).
L'ossature de la "génération dorée" n'a pas changé, mais "commence à vieillir", nous indique un spécialiste des Diables rouges.
Jusqu'où peuvent-ils aller ?

La plaie n'est pas encore totalement refermée. En 2018, après avoir éliminé l'ogre brésilien en quarts de finale, la Belgique se voyait déjà remporter son premier sacre mondial. C'était sans compter sur Samuel Umtiti et les Bleus, leurs bourreaux du dernier carré, à l'origine d'une rivalité entre les deux voisins. Quatre ans plus tard, les Diables rouges s'avancent au Qatar avec des objectifs bien différents.

Longtemps première nation au classement Fifa, la Belgique n'a pas obtenu de résultat significatif depuis sa troisième place en Russie : un quart de finale lors de l'Euro 2020, et une demi-finale de la Ligue des nations 2021, éliminée par la France, encore. Les hommes de Roberto Martinez, le sélectionneur, "sont sur un long faux plat descendant depuis 2018", explique à TF1info Benjamin Deceuninck, journaliste à la RTBF. "La Belgique n'a pas le réservoir de la France. Sa génération assez exceptionnelle commence à vieillir."

"Cette génération, qui a habitué tout le monde à des victoires, est moins forte"

Les Bleus ont par exemple largement modifié leur groupe : sur les 26 joueurs sélectionnés par Didier Deschamps, seuls dix étaient déjà présents lors de la dernière Coupe du monde. "Pour la Belgique, c'est 16", abonde Benjamin Deceuninck. "Les deux meilleurs défenseurs - Kompany et Vermaelen - ont pris leur retraite. Il reste encore quelques grands joueurs, comme Thibault Courtois, élu gardien de la saison lors du Ballon d'Or, ou Kevin De Bruyne, sans doute l'un des meilleurs milieux de terrain du monde. Mais Eden Hazard vit un long moment de galère au Real Madrid. Et Romelu Lukaku est blessé depuis un mois et demi."

La "génération dorée" dispute peut-être au Qatar son dernier tournoi. Et le roi des Belges l'a bien compris. "It's Deviltime !" ("C'est l'heure des Diables !"), s'écrie-t-il dans une vidéo diffusée sur le site officiel de la monarchie, avant que la séquence montre un avant-bras - censé être le sien - sur lequel est tatouée la Coupe du Monde avec l'inscription "Belgique 2022".

Un optimisme pas franchement partagé par son peuple. "Pour le moment, les avis sont assez négatifs", assure Benjamin Deceuninck. "C'est l'histoire du sport, cette génération a habitué tout le monde à des victoires, même s'il n'y a pas eu de grands titres. Désormais, tout le monde constate que c'est moins fort. Les Belges partent un peu avec les pieds de plomb, en se disant 'si on passe les poules, c'est bien'."

L'Espagne ou l'Allemagne en huitième ?

Si cet objectif paraît peu ambitieux, c'est aussi parce que le parcours s'annonce semé d'embuches. Placée dans le groupe F en compagnie de la Croatie, du Maroc et du Canada, la Belgique croise avec la poule E en huitièmes de finale, celle de l'Espagne et de l'Allemagne. Si un tel scénario se présente, "la Belgique ne sera pas favorite", affirme le journaliste de la RTBF. "Ici, tout le monde est conscient que le tournoi peut rapidement s'arrêter."

Avant de penser à cette échéance, les hommes du sélectionneur adjoint Thierry Henry restent concentrés sur la première rencontre face au Canada (ce mercredi 23 novembre à 20h sur TF1). "Ce premier match peut libérer tout le monde, mais c'est une équipe qui a gagné la zone Amérique centrale et du nord, c'est assez costaud, il faudra vraiment s'en méfier", prévient Benjamin Deceuninck. Tout comme celui face au Maroc, quatre jours plus tard, avant le choc face à la Croatie (le 1er décembre).

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Si l'aventure se poursuit lors de la phase à élimination directe, "il faudra un concours de circonstances", estime le spécialiste des Diables rouges. "Les matchs à élimination directe se jouent parfois sur des détails, un but, une prolongation, un arrêt de gardien, une décision arbitrale… Il faut toujours un peu de chance pour aller au bout, mais je crains qu'il en faille beaucoup pour que la Belgique l'emporte cette année."


Idèr Nabili

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