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Maroc-Espagne : Yassine Bounou, le héros aux gants d'or des "Lions de l'Atlas"

Publié le 7 décembre 2022 à 8h20
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Yassine Bounou est le nouveau visage du Maroc.
Le gardien de 31 ans a sorti le grand jeu lors de la séance de tirs au but, remportée par le Maroc contre l'Espagne (0-0, 3-0 t.a.b), mardi 6 décembre.
Une juste récompense pour un gardien longtemps sous-coté.

En le portant au pinacle, ses partenaires ne s'y sont pas trompés. Surprise des poules, qu'elle a fini invaincue et en tête de son groupe, poussant la Belgique vers la sortie, le Maroc a cette fois eu la peau de l'Espagne aux tirs au but (0-0, 3-0 t.a.b), mardi 6 décembre. Cet exploit, qui lui ouvre, pour la première fois, la porte des quarts d'un Mondial, n'aurait pas été possible sans Yassine Bounou. Héros d'un soir, le gardien de 31 ans, infranchissable pendant la séance des tirs au but, a mis les Lions au sommet de l'Atlas. Il a dompté son pays d'adoption - il joue en Espagne depuis 2012 -, en écœurant les tireurs de la Roja.

Peu sollicité durant 120 minutes, avec deux frappes dangereuses d'Olmo à se mettre sous les gants, le gardien du FC Séville est monté en température, au moment opportun. Lors de la loterie des tirs au but, où se mêle instinct et réussite, il a sorti le grand jeu devant Carlos Soler et Sergio Busquets, alors que Pablo Sarabia a lui touché le poteau... gêné par la gestuelle du portier maghrébin. De quoi finir la séance invaincu, ce qui n'était arrivé qu'une fois avant lui en Coupe du monde. 

L'un des meilleurs gardiens du monde

Walid Regragui, sélectionneur de l'équipe du Maroc

"On savait qu'on avait un grand gardien, l'un des meilleurs du monde, qui pouvait nous emmener en quart de finale", s'est félicité Walid Regragui, premier sélectionneur africain à rallier les quarts. Des éloges auxquels le portier maghrébin a répondu avec modestie. "Vous connaissez les pénaltys, c'est un petit peu d'intuition, un petit peu de chance", a-t-il expliqué au micro de beIN SPORTS préférant rendre hommage à ses partenaires, qui "ont fait le job", plutôt que de s'attarder sur sa performance légendaire. "On l'a emporté, c'est le plus important. Chapeau à toute l'équipe, c'était incroyable." 

La joie dans le vestiaire du Maroc après l'exploit espagnolSource : Football - Coupe du Monde de la FIFA 2022

Avant d'être érigé en héros, Bounou (aussi appelé Bono) s'était fait remarquer autrement dans ce Mondial. Victime d'un K.-O. contre la Croatie (0-0), il avait été contraint de déclarer forfait à la toute dernière seconde lors de l'exploit face à la Belgique (2-0). Présent pour les hymnes, il avait été pris de vertiges, juste avant le coup d'envoi. Le staff marocain l'avait alors remplacé au pied levé. Deux épisodes qui n'avaient pas marqué les esprits, contrairement au dernier, passé à la postérité.

Un gardien trop longtemps sous-coté

À 31 ans, voilà Yassine Bounou dans la légende de la Coupe du monde. Un magnifique accomplissement pour celui qui est né à Montréal, au Canada, et qui a découvert le football à 8 ans au Maroc, au Wydad Casablanca. Repéré à l'âge de 17 ans par Nice, qui ne le recrutera pas en raison de soucis bureaucratiques, il fait ses grands débuts, à 20 ans, avec le Wydad, son club de cœur, devant près de 80.000 supporters au stade olympique d'El Menzah. En 2012, à la fin de son contrat, le jeune Yassine met le cap sur l'Europe. Il signe à l'Atlético de Madrid en tant que troisième gardien. Titulaire avec l'équipe réserve, il cire le banc avec les professionnels, où il vit de loin, en 2014, le sacre en Liga et la finale (perdue) de Ligue des champions. 

Injustement reconnu, le fils d'ingénieur d'État part se relancer en prêt à Saragosse en Segunda División (2014-2016) avant d'être transféré à Gérone (2016-2019), où il participe à la remontée du club. C'est alors qu'il tape dans l'œil du FC Séville. Prêté en 2019-2020, Bounou profite de la blessure de Tomas Vaclik pour s'imposer dans la cage andalouse. Mais sa renommée, il la doit à l'épopée victorieuse des Rojiblancos en Ligue Europa à l'été 2020. Séville "m'a permis de me faire un nom au niveau mondial, comme un gardien important sur le plan européen", expliquait en avril dernier le portier, récompensé du trophée Zamora, décerné au meilleur gardien de la Liga (24 buts encaissés en 31 matchs la saison passée, dont 13 clean-sheets). Une distinction qu'il a raflée devant Jan Oblak et Thibaut Courtois, lauréats de huit des neuf derniers trophées Zamora.

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Sous-coté en Europe, le gardien sévillan l'a aussi été au pays. Passé par toutes les sélections de jeunes, il a été appelé chez les A en 2012. Il n'a été titularisé, pour la première fois, qu'en 2014. Et a dû attendre, cinq ans de plus, en 2019 (!), pour s'installer définitivement dans la cage des "Lions de l'Atlas". Trois ans plus tard, Yassine Bounou ne fait plus débat. Il est l'évidence.


Yohan ROBLIN

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