Cartons rouges, sifflets… Malgré le dispositif policier, une finale de Coupe de France chahutée pour Emmanuel Macron ?

Publié le 27 avril 2023 à 8h17, mis à jour le 29 avril 2023 à 12h18

Source : TF1 Info

Les opposants à la réforme des retraites prévoient de manifester leur colère lors de la finale de la Coupe de France, samedi 29 avril, qui doit rassembler 78.000 spectateurs.
Attendu sur place, Emmanuel Macron pourrait être ciblé.
Près de 3000 policiers et gendarmes seront mobilisés et le préfet de police a interdit un rassemblement syndical aux abords du Stade de France.

C'est une tradition à laquelle se prêtait jusqu'ici le chef de l'État. Tous les ans, avant chaque finale de la Coupe de France, le président de la République descend sur la pelouse pour saluer les joueurs des deux équipes. L'an dernier, avant le coup d'envoi du match Nice-Nantes (0-1), Emmanuel Macron, à peine réélu pour un second mandat, avait respecté le protocole en se présentant sur le bord du terrain. Il avait alors été copieusement sifflé par un Stade de France à guichets fermés. 

Samedi 29 avril, peu avant 21h, à l'occasion de l'affiche Nantes-Toulouse qui attend 78.000 spectateurs, une bronca visant le locataire de l'Élysée devrait de nouveau tomber des tribunes... Au point de lui faire renoncer à descendre sur la pelouse pour saluer les joueurs avant la rencontre. Quant à la remise du trophée après le match, elle se fera en tribune et non sur le terrain, une décision imposée par le préfet de police à la FFF "pour des raisons de sécurité"

L'apparition d'Emmanuel Macron lors du match, dans le contexte de la très contestée réforme des retraites, devrait être ciblée par les huit organisations syndicales de la Seine-Saint-Denis. Ces dernières s'apprêtaient à mener conjointement une mobilisation d'envergure pour réaffirmer leur mécontentement, ce qui a suscité de nombreuses restrictions préventives de la part de la préfecture de police. 

Une distribution massive en amont du match

Des petits tracts rectangulaires de couleur rouge vif, au nombre de 30.000 sur lesquels sera inscrit "Carton rouge à la retraite à 64 ans", et 10.000 sifflets devaient être distribués au public en amont de la rencontre à proximité des stations de métro et de RER. Ils devaient être brandis lorsque Emmanuel Macron fera son apparition avant le coup d'envoi ou à la 49'30' de la finale, en référence à l'article 49.3 de la Constitution.

"Nous allons distribuer les cartons rouges et les sifflets à la sortie des RER B, D et sur la ligne 13, les transports qui permettent d'accéder au Stade de France. (...) Cette action vise à montrer symboliquement notre opposition à la réforme des retraites", a précisé à l'AFP le secrétaire départemental de la CGT, Kamel Brahmi, qui craint un arrêté préfectoral. "Après les casseroles, ça serait les cartons rouges. Interdire serait ridicule et inquiétant."

Outre cette contestation visuelle et sonore, des coupures d'électricité étaient envisagées, alors que la CGT a brandi la menace d'actions coup de poing lors de plusieurs événements culturels et sportifs, que sont le Festival de Cannes, le tournoi de Roland-Garros ou encore le Grand Prix de F1 de Monaco. Afin que la finale puisse se tenir normalement, non pas un, mais quatre groupes électrogènes sont prévus autour de l'enceinte dionysienne.

Autre sécurité inhabituelle : en raison du contexte lié à la présence d'Emmanuel Macron, mais aussi à l'antagonisme entre les Ultras nantais et toulousains, des grilles vont être installées dans les virages. Un dispositif censé éviter les intrusions sur la pelouse, comme l'a indiqué vendredi soir la préfecture de police. 

Vaste dispositif de sécurité

Près de 3000 policiers et gendarmes, ainsi que des unités des forces mobiles, seront mobilisés pour encadrer l'événement, a rappelé la préfecture de police vendredi soir. Un périmètre de protection doit être mis en place autour du Stade de France dès 15h30, tandis que les organisateurs procéderont aux opérations de filtrage aux entrées. À ce titre, 1400 agents de sécurité seront mobilisés. 

Le préfet de police a également pris, ce vendredi, un arrêté interdisant le rassemblement syndical prévu aux abords de l'enceinte sportive, invoquant une "manifestation de nature à créer un trouble à l'ordre public". En outre, il a rappelé que le règlement intérieur de la FFF "interdit l'introduction de sifflets"

Un dispositif doit également être mis en place dans les rues de Paris "afin de prévenir les troubles à l'ordre public liés à des risques d'affrontements, fortuits ou programmés, de supporters des deux clubs", a détaillé la préfecture de police. 


Yohan ROBLIN

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