CONFLIT OUVERT - Le technicien uruguayen, fraîchement qualifié pour les barrages de la Ligue Europa, s'en est pris aux dirigeants des Girondins de Bordeaux au sujet de leur gestion du mercato, jeudi 16 août. Une prise de parole qui lui a valu une mise à pied, a annoncé le club le lendemain.

Gustavo Poyet a été mis à pied par les Girondins de Bordeaux, vendredi 17 août, a appris L'Equipe auprès du club, après ses propos particulièrement offensifs, la veille, suite à la qualification du club pour les barrages de Ligue Europa. "Il a dépassé les bornes", a justifié le président du club Stéphane Martin, en conférence de presse. Il ne faisait en effet pas bon être dirigeant des Girondins de Bordeaux et laisser traîner une oreille en conférence de presse, jeudi 16 août, après la victoire 2-1 face à Marioupol. Le coach uruguayen du club, arrivé en Gironde en janvier, a en effet menacé de démissionner en conférence de presse.

Commentateur acerbe et régulier du mercato du club au scapulaire, Gustavo Poyet avait lâché les chevaux, ce jeudi soir : "Je ne suis pas content aujourd'hui. C'est mon plus mauvais jour dans ce club. C'est une honte ce que le club a fait aujourd'hui avec nous." Au centre de la colère du technicien, la situation de l'attaquant de l'attaquant Gaëtan Laborde, double buteur à l'aller et depuis parti à Montpellier, comme le prévoyaient les plans du club sur le marché des transferts.

"C'est une honte qu'ils aient fait ça contre moi"

"J'ai dit au club qu'il ne pouvait pas partir jusqu'à ce qu'on prenne un autre joueur. Ils ne s'en sont pas occupés et ont laissé partir Laborde", qui était dans la liste des joueurs convoqués pour le match. Poyet expliquait ainsi que son groupe "est arrivé aujourd'hui (jeudi 16 août, ndlr) à 11h45 et Laborde n'était pas là. On l'a appelé et il était à Montpellier. Personne ne m'avait rien". Première tirade, mais l'entraîneur ne décolère pas : "C'est une honte qu'ils aient fait ça contre moi, contre les joueurs, contre les supporters. Je ne peux pas accepter ça. j'ai besoin des explications des propriétaires et du président (Stéphane Martin, ndlr). Quand ils m'auront expliqué ça, on verra si je continue."

Parti pour lâcher tout ce qu'il avait sur le cœur, Poyet avait poursuivi : "Je me fous des dirigeants bordelais qui parlent par derrière, ils essaient de me tuer par derrière". La chargée des relations presse du club tente de mettre fin à l'incendie, pour mieux se faire renvoyer dans les cordes par l'Uruguayen : "Non, non, j'arrête quand je veux, pas quand toi tu veux. Je veux des explications publiques. Je demande le respect et le professionnalisme, pas plus. S'il n'y en a pas, c'est fini." 

Le temps des adieux ?

Qu'en est-il alors de la situation du joueur ? Contactée par L'Equipe, la présidence du club a mis à mal la version de son technicien : "Poyet a été mis au courant du départ de Laborde dès mercredi après-midi"... c'est-à-dire la veille. Le lendemain, Stéphane Martin se disait "pantois" face à la prise de parole de son entraîneur : "Ce sont des situations qu'on n'est pas heureux de vivre [...] surtout quand les résultats sont très bons."

 L'agent du joueur, également contacté par le site sportif, n'a pas vraiment dit autre chose : "Poyet n'est pas à une contradiction près, [...] Il est capable de dire tout et son contraire selon les jours. C'est tellement gros que je m'accorde quelques heures avant de réagir. [...] Je le ferai ce vendredi et vous comprendrez que le départ de Gaëtan ne peut pas être une surprise car c'est lui qui en est à l'origine".

Faut-il déjà faire ses adieux à Gustavo Poyet ? Stéphane Martin n'a pas encore pris de décision définitive : "Tout est possible. Il y a une période d'une semaine où les parties peuvent se rapprocher". D'ailleurs, a-t-il tempéré, pas question encore de changer d'entraîneur : "On est dans des circonstances particulièrement atypiques, on est un peu pris au dépourvu." En attendant, c'est Eric Bedouet, qui avait déjà fait l'intérim avant l'arrivée de Poyet, qui s'assiéra sur le banc pour le prochain match de Bordeaux,  ce dimanche à Toulouse.


La rédaction de TF1info

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