Au lendemain des incidents ayant empêché la rencontre de Ligue 1 entre l'Olympique de Marseille et l'Olympique Lyonnais de se tenir, le procureur de la République de Marseille a fait le point.
Il a annoncé que trois enquêtes avaient été ouvertes.
À ce stade, personne n'est en garde à vue "du chef d'attaque du bus de l'OL".

Les investigations se poursuivent. Dimanche 29 octobre, alors que le bus de l'Olympique Lyonnais se dirigeait vers le stade Vélodrome pour y affronter l'Olympique de Marseille, en Ligue 1, le véhicule a été violemment pris à partie, caillassé. Plusieurs vitres ont été brisées, blessant au visage l'entraîneur du club rhodanien, Fabio Grosso, et son adjoint Raffaele Longo. Au lendemain des faits qui ont entraîné l'annulation de la rencontre, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a fait le point sur les derniers éléments.

Il a indiqué que Fabio Grosso s'était vu adresser une incapacité temporaire de travail (ITT) de 30 jours. En ce sens, une enquête a été ouverte pour "violences volontaires en réunion avec préméditation aux abords d'une enceinte sportive avec ITT de plus de huit jours", a précisé Nicolas Bessone, des faits passibles de "dix ans d'emprisonnement". En revanche, "aucune personne à ce stade n'a été interpellée" pour ce caillassage. "Personne n'est en garde à vue du chef d'attaque du bus de l'OL", a-t-il ajouté.

Le club lyonnais n'a, pour l'heure, pas porté plainte, mais indiqué dans un communiqué publié dimanche soir son intention de le faire. Selon le procureur, compte tenu des travaux, "il ne s'agissait pas du trajet habituel que font les bus visiteurs" pour rejoindre le Vélodrome, mais la délégation lyonnaise "faisait l'objet d'une escorte renforcée" pour ce match entre deux clubs rivaux.

Deux gardes à vue pour le caillassage du bus des supporters

Le bus de l'OL n'a pas été le seul visé dans les rues de Marseille. Des cars de supporters lyonnais, qui étaient autorisés à se rendre à Marseille pour la première fois depuis huit ans, ont également subi "la même grêle de jets de projectiles", a indiqué le procureur de la République. Une enquête a été ouverte pour "violences volontaires sans ITT avec armes et aux abords d'une manifestation sportive", "dégradations en réunion en lien avec un spectacle sportif", et "jets de projectiles présentant un danger pour les personnes aux abords d'une enceinte sportive". Des faits respectivement passibles de trois, cinq et trois ans d'emprisonnement.

Dans ce cadre, "les services de police ont procédé à deux interpellations". Parmi eux, "un homme de 22 ans, cagoulé", interpellé "après avoir jeté une grosse pierre". "Il reconnait sa responsabilité", a assuré Nicolas Bessone, et se défend en affirmant qu'il a "riposté" après avoir "reçu lui-même un projectile". Le deuxième, "un homme de 50 ans en garde à vue", a été "vu alors qu'il jetait un fumigène en direction du car qui faisait l'objet du caillassage en règle". "Il reconnait sa responsabilité et nous sert la même version", a commenté le procureur, qui a toutefois mis en doute ses propos : "il me parait compliqué pour des supporters dans un car d'allumer un fumigène..."

En outre, une troisième enquête a été ouverte. Elle concerne le comportement de certains supporters lyonnais dans la tribune réservée aux visiteurs, après des "saluts nazis et cris de singe à destination des supporters marseillais", et a été ouverte pour des "qualifications de provocation à la haine raciale et injure à caractère raciale". "Personne n'a été interpellé", a souligné le procureur de la République, qui a précisé que "la sûreté départementale travaille" sur ce sujet.

Ces actes ont été "fermement condamnés" par l'OL, qui "a demandé les vidéos pour identifier les auteurs" afin de les "éloigner des tribunes". L'un des principaux groupes de supporters des septuples champions de France a également condamné "sans aucune réserve ces gestes et propos".


I.N

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