VIDÉO - 18 grammes de Tour Eiffel chacune : les secrets de fabrication des 5084 médailles des JO

par Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Julien Roux, Noélie Clerc et Romain Reverdy
Publié le 8 février 2024 à 14h46, mis à jour le 8 février 2024 à 14h52

Source : JT 13h Semaine

Après la mascotte et le relais de la flamme, les médailles des prochains jeux Olympiques et paralympiques de Paris ont été dévoilées ce jeudi.
Et c'est inédit, un morceau de la Tour Eiffel a été serti dans chacune des 5.084 décorations.
TF1 a suivi toute leur conception, depuis les premiers dessins chez un célèbre joaillier.

Que ce soit en or, en argent ou en bronze, les médailles olympiques et paralympiques font rêver les 15.000 athlètes qui participeront au JO de Paris cet été. Elles ont été dévoilées ce jeudi, après des mois de conception dans le plus grand secret. 

Tout a débuté il y a cinq ans quand Thierry Reboul, directeur "création et projets spéciaux" de Paris 2024, a commencé à les imaginer, tout en respectant des règles bien précises, fixées par le CIO. "Sa forme, son poids qui est forcément au-dessus de 500 grammes, tandis que le côté pile ne change jamais", détaille-t-il dans la vidéo du 13H de TF1 en tête de cet article. Ce côté doit obligatoirement représenter Athéna Niké, la déesse grecque de la victoire. "Il faut juste noter qu'on a eu une petite autorisation exceptionnelle de graver une Tour Eiffel sur ces symboles en face du Parthénon", précise Thierry Reboul. 

Au gré de nos 135 ans, on a fait beaucoup de rénovations à la Tour, ce qui fait qu'on a un stock de ce fer historique.
Jean-François martins, président de la Société d'exploitation de la Tour Eiffel

Autre décision inédite, le monument emblématique de la France n'est pas seulement représenté. "Vous avez au cœur de cette médaille, serti dans la médaille un morceau authentique de Tour Eiffel", révèle le directeur des cérémonies du comité d'organisation. Mais comment des pièces de la Dame de Fer ont-elles pu se retrouver dans les 5.084 médailles des JO ? Pour s'en rendre compte, le mieux est encore d'aller vérifier sur place. Pas une poutrelle ou un rivet ne manquent à l'appel. Alors des explications s'imposent. "Au gré de nos 135 ans, on a fait beaucoup de rénovations à la Tour, on l'a allégé aussi structurellement, ce qui fait qu'on a un stock de ce fer historique, certifié. On en a mis à disposition de Paris 2024 pour que dans chaque médaille, il y ait un petit bout de Paris, un petit bout de la Tour Eiffel", argumente Jean-François martins, président de la Société d'exploitation de la Tour Eiffel. Cela représente exactement 18 grammes par médaille qui ont été secrètement gardés dans des hangars en banlieue parisienne.

Mais avant cela, le joaillier Chaumet, propriété de LVMH, partenaire de Paris 2024, a été choisi pour dessiner les médailles qui seront fabriquées par la monnaie de Paris. Le JT de TF1 a pu se glisser dans ses ateliers, où des artisans ont passé des heures à modeler, retravailler cet objet d'exception. Tandis que pour donner un aspect lumineux, les orfèvres de la maison Chaumet, présente depuis 250 ans sur la place Vendôme et dont Gustave Eiffel était lui-même client, se sont inspirés de leurs archives. "On a traité la médaille comme on traite un diadème en commande spéciale. Tout amène vers la pierre précieuse et tout part de cette pierre précieuse", souligne Clémentine Massonnat, responsable création. Cette fois, il s'agissait de placer le morceau de Tour Eiffel "au centre de la médaille, de le traiter de forme hexagonale pour rappeler la France et de le mettre au centre d'un travail de rayonnement et de facettage de l'or pour rappeler le rayonnement de la France", poursuit-elle.

À Paris, tous les athlètes pourront venir "célébrer" leur gain de médailles chaque fin d'après-midi, un jour après leur épreuve, au Trocadéro, au "parc des champions" ouvert au public. Mais l'un d'eux, l'escrimeur Yannick Borel, a eu la primeur de découvrir la médaille d'or avec son morceau de Tour Eiffel. "C'est une très bonne idée, je valide à 100%. Ça donne envie. Pour la mériter, on va se battre", assure-t-il. Timothée Adolphe, athlète déficient visuel, et son guide, ont, eux, découvert la médaille d'or paralympique. Pas de figures imposées pour le côté pile. Ce sera donc une vue plongeante du dessous de... la Tour Eiffel, avec l'inscription Paris 2024 en braille universel. "Ça concrétise un peu ce pour quoi on se lève tous les jours", dit-il.

L'envie de se dépasser pour monter sur le podium avec cet objet unique bien différent des médailles des Jeux de Londres 2012 qui représentaient la Tamise dans un design abstrait, accompagné du logo de la compétition. Quatre ans plus tard, Rio avait choisi une couronne de laurier entourant le logo de ses Jeux. En 2020, Tokyo proposa un design moderne fait de cercles ciselés autour du logo des Jeux de Tokyo.


Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Julien Roux, Noélie Clerc et Romain Reverdy

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