JO Paris 2024 : les cagnottes en ligne, planche de salut pour les athlètes qui rêvent de concourir ?

par La rédaction de TF1info | Reportage : Diane Mourgues et Christophe Moutot
Publié le 4 février 2024 à 18h26

Source : JT 13h WE

Pour les JO de Paris prévus cet été, tous les athlètes ne sont pas encore qualifiés.
Pour obtenir le précieux sésame, il faut glaner des points en participants à des compétitions internationales.
Mais ces courses peuvent être couteuses, en particulier pour ceux qui n'ont pas de sponsor.
Certains sportifs n'hésitent donc pas à lancer des cagnottes en ligne.

À six mois des Jeux Olympiques de Paris, elle ne veut pas abandonner son rêve. Élisa Pineau voudrait porter les couleurs de la France lors de la compétition internationale, mais pour l'heure, la jeune athlète n'est classée que 50ᵉ mondiale d'heptathlon. Or, dans cette discipline olympique féminine, composée de sept épreuves d'athlétisme, seules les 24 premières du classement international seront qualifiées. Si certaines listes de participants ont déjà été arbitrées, d'autres doivent encore être arrêtées. Elle va donc devoir aller gagner des places une par une pour améliorer son classement, mais pour cela, il faut se rendre à de nombreuses compétitions aux quatre coins de l'Europe. Des voyages souvent trop coûteux pour la jeune athlète. 

"Des compétitions se profilent à Tallinn, en Estonie, mais aussi à Tenerife, en Italie, en Allemagne...", égrène-t-elle dans le reportage du 13H de TF1 en tête d'article. "Cela fait beaucoup de déplacements et beaucoup de frais." Pour réussir à concourir, les athlètes doivent donc trouver des fonds. Mais au niveau d'Élisa Pineau, il est encore impossible de vivre de son sport. Pourtant, la jeune femme de 25 ans a tout lâché, ses études et son emploi, pour préparer les Jeux et atteindre son rêve.

Des inconnus qui mettent la main au portefeuille

Son premier défi est d'abord de se faire connaître, via une cagnotte en ligne participative. "Il faut tout simplement être vu", résume Théo Mazars, l'un de ses amis, qu'elle a sollicité pour la photographier sur ses entraînements. "Notre objectif actuel, c'est de rassembler entre 10.000 et 20.000 euros sur une cagnotte Leetchi. Il faut toucher les gens, leur montrer ce qu'est une vie d'athlète."

Les sportifs sont nombreux à ouvrir ce type de cagnotte, demandant en général entre 10.000 et 30.000 euros pour payer leur stage de préparation physique et mentale. Pour Élisa, cette stratégie fonctionne bien : l'heptathlète a déjà convaincu 120 donateurs, dont de parfaits inconnus, à sa grande surprise. "À chaque fois, Théo me demandait : 'Tu connais ces personnes ?'. Eh bien non, et c'était d'autant plus fou !", se réjouit la jeune femme. Parmi ces contributeurs, certains sont même particulièrement généreux : l'une d'entre eux a versé deux fois 500 euros à la cagnotte. "Merci Christine, on l'adore !", sourit le duo. À ce jour, la sportive a déjà collecté plus de 10.000 euros.

"Un rien peut changer ta vie"

Elle espère désormais dénicher des sponsors, après avoir préparé un book avec ses amis, dans lequel elle vante justement son exposition sur les réseaux sociaux. Un saut qu'a réussi quant à lui Méril Loquette, un sportif paralympique. Depuis peu, il est soutenu par une petite entreprise, un soulagement total pour le jeune homme, qui peut maintenant se concentrer pleinement sur ses performances. "Tu arrives sur le terrain, tu es serein. Je vois d'autres athlètes qui ne sont pas autant soutenus, et on sent vraiment que sur l'entraînement, ce n'est pas pareil", constate le double champion d'Europe de para-badminton. 

Sébastien Foy, chef d'entreprise spécialisé dans le recrutement, l'a découvert via un dispositif du Medef baptisé "Je soutiens un athlète" et lui verse depuis 500 euros par mois. "En contrepartie, il y a de l'image, Méril fait un post sur Instagram, il porte nos T-shirts...", énumère le patron de Léonard Conseil. 

Et chaque euro peut faire la différence pour espérer décrocher sa place aux Jeux. "Du jour au lendemain, une entreprise vient t'aider. Même si c'est 500 ou 1000 euros, ça peut tout te débloquer !", insiste le joueur. "Tu peux aller à tel tournoi, tu le gagnes, puis tout s'ouvre pour toi. Un rien peut changer ta vie." Sans compter le bénéfice psychologique pour ces sportifs qui s'entraînent en général seuls : se sentir accompagné est souvent une motivation supplémentaire pour aller jusqu'au bout de leur rêve olympique.  


La rédaction de TF1info | Reportage : Diane Mourgues et Christophe Moutot

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