VIDÉO - "L'homme volant" Fred Fugen se confie sur la mort de son alter ego dans "Sept à Huit"

par Virginie FAUROUX Propos recueillis par Audrey Crespo-Mara
Publié le 26 novembre 2023 à 20h35, mis à jour le 27 novembre 2023 à 9h43

Source : TF1 Info

Le pionnier de la chute libre Fred Fugen, connu pour réaliser des prouesses inédites et extrêmes, a répondu aux questions d'Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit" ce dimanche.
Dans cet entretien à retrouver ici en replay, il raconte sa passion à haut risque, qui a coûté la vie à son meilleur ami et partenaire de vol.

Sa passion : flirter avec les limites de l’extrême. Fred Fugen, pionnier de la chute libre, accomplit des exploits à couper le souffle. Au départ, il n'était pas seul dans cet exercice périlleux. Son alter ego, Vince Reffet, a réalisé avec lui les projets les plus inimaginables dans les lieux les plus époustouflants, comme s'élancer de la plus haute tour du monde, la Burj Khalifa (828 m) à Dubaï. Mais il y a trois ans, Vince est mort sous ses yeux lors d'un entraînement. Il doit donc désormais poursuivre ce rêve fou tout seul. 

Dans la vidéo en tête de cet article, son "portrait de la semaine" dressé ce dimanche par Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit", il se remémore cette "vie en l'air". "C'était comme des frangins, comme des super-potes. Il faut imaginer qu'on était tout le temps ensemble. Au sol, on a fait des années de coloc, on était ensemble du matin au soir. Dans l'avion, on sautait, volait, voyageait. Donc, en fait, on se connaissait par cœur. C'était fusionnel. Quand on volait ensemble, c'était comme une seule personne", raconte-t-il. 

Le but n'était pas de se faire peur, au contraire, on faisait tout ce qu'on pouvait pour gérer le risque au maximum et avoir le moins peur possible.
Fred Fugen

Accros au parachutisme, Fred Fugen et Vince Reffet s'étaient rencontrés il y a plus de vingt ans pour composer un duo connu sous le nom des Soul Flyers. Ils ont allié toutes sortes de disciplines à fortes sensations, comme le saut en parachute Freefly qui regroupe toutes les positions de la chute libre. "On a été trois fois champions du monde, mais on a gagné toutes les compétitions internationales pendant six ans d'affilée", souligne Fred Fugen. Ils ont aussi goûté au vol en wingsuit. "C'est une combinaison qui se gonfle, une combinaison ailée qui permet de planer. Elle permet vraiment de se déplacer et donc d'évoluer dans des reliefs, notamment dans les montagnes. Et ça, c'est extraordinaire", lance-t-il. 

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Mais pourquoi une telle volonté de défier la mort ? "On aimait le vol avant tout, on aimait la chute libre, on aimait les sensations que ça provoquait, de liberté absolue, de pouvoir utiliser cet espace immense qu'est le ciel, de pouvoir voler en liberté entre les montagnes. Le but n'était pas de se faire peur, au contraire, on faisait tout ce qu'on pouvait pour gérer le risque au maximum et avoir le moins peur possible", explique Fred Fugen. 

Voler avec la Patrouille de France

Les deux hommes s'investissent ainsi dans un défi encore plus innovant, le projet Jetman : il s'agit de voler avec une aile rigide équipée de quatre mini-réacteurs. "Il n'y a pas de manettes de pilotage, c'est tout avec le corps et c'est hyper instinctif. On regarde en haut, on monte, on regarde en bas, on descend et on peut évoluer comme ça dans le ciel. C'est vraiment un mélange entre l'homme et la machine qui nous a permis d'ailleurs de voler avec des avions", détaille-t-il. 

Avec à la clé l'expérience la plus folle de leur vie, voler avec la Patrouille de France. C'était en 2016. "Ce que ça peut représenter en tant que Français et en plus, quand on est fan d'aviation, de voler avec ces avions-là, c'était absolument incroyable", se souvient-il. 

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Et puis arrive le drame. À 36 ans, Vince Reffet meurt dans un accident lors d'un entraînement à Dubaï. "Il y a eu à la fin du vol une perte d'équilibre avec l'aile et comme il était à 250 mètres du sol, il a eu peu de temps pour réagir. On le voit basculer et puis tenter de se remettre droit, et il n'a pas pu reprendre le vol vertical en fait", lâche Fred. A-t-il désormais plus peur, depuis la perte de son ami ? "La mort, c'était quelque chose qu'on n'envisageait pas dans le sens où on savait que ça pouvait arriver, mais on se préparait au mieux pour tous ces vols. C'est vraiment notre vie, on a ça dans le sang", affirme-t-il. 

Aujourd'hui, Fred Fugen, est bien décidé à cocher toutes les cases de la liste d'exploits que les deux amis avaient l'intention de vivre ensemble. "Je me suis mis en tête de les réaliser", admet-il. Le premier s'est déroulé l'année dernière : "L'homme volant" a sauté depuis un téléski perché dans les airs et a virevolté de longues secondes en chute libre avant d'ouvrir son parachute à 4000 mètres pour se poser sur l'une des pistes de la station de La Clusaz (Haute-Savoie), son terrain de jeu depuis son adolescence. "Je suis sûr que Vince m'a aidé d'une certaine manière", conclut-il. Reste le pincement au cœur de ne pas avoir partagé ce moment avec lui.  


Virginie FAUROUX Propos recueillis par Audrey Crespo-Mara

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