XV de France : fin de règne chaotique pour le déconcertant monsieur Saint-André

Le service METRONEWS
Publié le 18 octobre 2015 à 11h01
XV de France : fin de règne chaotique pour le déconcertant monsieur Saint-André

ÉPILOGUE - Presque comme prévu après quatre années de résultats en berne, le XV de France version PSA a subi une véritable humiliation face aux All Blacks samedi soir (62-13). L'échec est cuisant, à l'image du bilan de Philippe Saint-André, un sélectionneur que l'on a eu bien souvent du mal à suivre.

L'art du contre-pied.  Comme du temps où il était trois-quarts aile et enchaînait les courses folles et les changements d'appuis sur les terrains, Philippe Saint-André a gardé de cette époque une certaine habilité à déstabiliser l'assistance. Considéré comme un des meilleurs joueurs du monde dans les années 1990, PSA ne pourra pas se targuer du même titre en tant que sélectionneur. Et pourtant, après l'humiliation subie face à la Nouvelle-Zélande samedi soir (62-13), soit la plus large défaite française de son histoire en Coupe du monde et même le plus gros revers jamais enregistré par un quart de finaliste, Saint-André paraissait soulagé, presque léger. Comme on l'avait rarement vu durant ses quatre années, chaotiques, à la tête du XV de France.

"Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, je pars avec le sourire, je ne vais pas...", pleurer, n'a pas voulu finir le sélectionneur qui s'est longtemps attardé devant la presse après la rencontre. Car les trémolos dans la voix, Saint-André les avait déjà eus au micro de Canal+, juste après le coup de sifflet final, alors qu'il se faisait copieusement huer par les supporters français du Millennium et savait que sa famille assistait au spectacle en tribune. "En acceptant le poste, je savais que j'allais prendre des coups, que ça allait être dur, a continué celui qui a pris ses fonctions en décembre 2011. Je me doutais que ça allait être dur mais autant, non." Un aveu d'impuissance qui ne doit pas cacher les incompétences : 45 matchs joués pour 20 victoires et 23 défaites, quatre Tournois des VI nations galvaudés (4e en 2012, 6e en 2013, 4e en 2014 et 4e en 2015) et une Coupe du monde catastrophique. 

"Mais je ne pense pas que l'on se soit trompés"

Le staff du XV de France, et PSA en tête, n'a pas réussi à construire une équipe (83 joueurs testés en quatre ans !) et a présenté un XV bricolé pour le match le plus important de son mandat. Une charnière (Michalak/Parra) alignée en dernière minute sans vécu commun, une paire de centres (Dumoulin/Fofana) expérimentale et un ailier (Dulin) qui n'en est pas un... Contre la superbe machine néo-zélandaise, ça ne passe pas. "Le score est très lourd car dès qu'ils ont 15 points d'avance et que tu n'arrives pas à les faire douter, ça va trop vite, constate celui qui, sous ses ordres, a vu les Bleus s'incliner à six reprises face aux Blacks. Mais je ne pense pas que l'on se soit trompés. On a pris tous les risques mais quand tu joues un rugby total contre ce genre d'équipe, tu prends 50 ou 60 points."

Un constat d'échec que Saint-André "assume" mais veut aussi faire porter à l'ensemble du rugby français : "Je ne crois pas que ce soit un problème de génération, ces joueurs ont du potentiel, du talent. Mais peut-il s'exprimer quand tu joues 11 mois sur 12 pour ton club, que tu as 40 matches par saison et que tu ne peux faire une vraie préparation pour l'équipe de France qu'une fois tous les quatre ans ? Je ne le pense pas..." Le mal serait donc plus profond que le simple passage raté d'un PSA sans ligne directrice.

Et si le rugby français ne fait pas sa révolution, rien ne dit que Guy Novès, qui va lui succéder dans quelques jours, s'en sortira mieux que lui. D'ailleurs, lorsque l'on a demandé à Saint-André quel conseil il pourrait donner à son successeur, le désormais ex-sélectionneur du XV de France a lâché un "bonne chance", dans un sourire en coin qui, cette fois-ci, était clair comme de l'eau de roche. 

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