Haute-Savoie : le coq chante trop fort au goût des voisins, son propriétaire doit s'en séparer

par T.A.
Publié le 19 janvier 2024 à 11h09

Source : JT 13h Semaine

Dans un petit village de Haute-Savoie, le chant d'un coq empêche le voisinage de dormir sereinement la nuit.
Résultat : son propriétaire est contraint de s'en séparer, après la décision d'un conciliateur de justice.
Ce n'est pas la première fois que ce genre de conflit de voisinage parasite la vie d'une commune rurale.

Dans son enclos, Caruso n'est plus comme un coq en pâte. Ce volatile, appartenant à un retraité de Sallenôves (Haute-Savoie), est au cœur d'une énième querelle de village, révélée par France 3 Auvergne Rhône-Alpes. En cause ? Un chant trop fort, qui empêcherait les voisins de dormir tranquillement. Il faut dire que Caruso est installé dans un champ à proximité immédiate de plusieurs habitants de cette petite localité de 700 habitants. 

Le propriétaire contraint de se séparer de son coq

Âgé de 74 ans, François Avet, le propriétaire de Caruso, va finalement devoir se séparer de son animal. Un conciliateur de justice, dépêché pour gérer l'affaire, lui a indiqué qu'il avait jusqu'au 31 mars prochain pour trouver une solution pour s'en débarrasser. Le chant du coq, n'est-il pas, pourtant, l'un des "patrimoines" sanctuarisé par la loi du 29 janvier 2021 "visant à définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises" ? Dans le texte législatif, "les sons et les odeurs" des campagnes sont bel et bien considérés comme faisant partie intégrante de la vie d'un territoire rural. 

Toutefois, rien n'empêche, comme dans ce cas précis, de faire un recours en justice pour faire état d'un "trouble anormal du voisinage" à cause du cri d'un coq. "Il s'agit d'un litige dans lequel le coq n'est qu'une partie du différend, et la situation doit être appréciée au regard de la globalité du contexte", explique par ailleurs à France 3 Noël de Bernardo, l'adjoint à l'environnement de la mairie de Sallenôves, qui souhaite que "cette situation s'apaise". François Avet regrette pour sa part cette décision. "Mon village perd son caractère rural. Il vend son âme et sa terre à la construction urbaine, justifie-t-il, toujours sur le site de la télévision locale. C'est sordide…"

Cette nouvelle affaire du cri du coq est loin d'être inédite. Le cas le plus emblématique est celui du coq Maurice, sur l'île d'Oléron (Charente-Maritime). Durant l'été 2019, un couple, propriétaire d'une résidence secondaire, avait porté plainte contre ses voisins à cause du cri trop fort de l'animal le matin. La justice leur avait donné tort. À l'inverse, un agriculteur picard a récemment été condamné à verser plus de 100.000 euros à ses voisins à cause de l'odeur et du bruit de ses vaches.


T.A.

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