Le trafic des TGV sera perturbé de vendredi jusqu'à Noël en raison d'une grève des chefs de bord à la SNCF.
De l'autre côté des Alpes, un tel cas de figure ne pourrait se produire : les mouvements sociaux y sont interdits dans les transports à cette période.

À l'aube des fêtes de Noël, des Français risquent bien de rester à quai. Deux TGV sur cinq sont annulés entre vendredi et dimanche en raison d'une grève des chefs de bord décidée par un collectif indépendant des syndicats traditionnels. Pour plusieurs dizaines de milliers de personnes, être à l'heure le soir du réveillon ou le jour de Noël représente un véritable casse-tête. Les Italiens, en revanche, passeront les fêtes sans cette préoccupation.

De l'autre côté des Alpes, un tel phénomène est tout simplement... illégal. Depuis 1990, la loi italienne interdit les grèves chez les entreprises de transports à certaines périodes de l'année. Les fêtes de Noël et les célébrations du Nouvel an, elles aussi en suspens en France, sont concernées.

Du 19 décembre au 7 janvier, les Italiens travaillant dans ce secteur ne peuvent faire valoir leur droit de grève, tout comme à Pâques, à la Toussaint, ou encore lors des premiers départs en vacances d'été, fin juin et début juillet. En cas de non-respect de cette règle stricte, la loi prévoit des amendes pour les grévistes et des sanctions financières pour les syndicats.

Une idée déjà dans le débat en France

Ces dernières années, des élus de droite ont tenté de copier le modèle italien dans l'Hexagone. En 2019, la présidente de la région des Pays-de-la-Loire, Christelle Morançais (ex-LR), avait proposé sur LCI "que les grèves dans les transports publics soient interdites les jours de grands départs, les veilles de vacances scolaires et les jours fériés". "Je ne suis pas contre le droit de grève, mais pour le droit de circuler, de travailler", faisait-elle valoir.

Sa position n'avait alors pas été entendue par le gouvernement, qui n'a pas légiféré en ce sens, et qui ne compte non pas procéder à des réquisitions, "encadrées juridiquement et même constitutionnellement", a rappelé ce jeudi le ministre des Transports, Clément Beaune, sur franceinfo. Mais Christelle Morançais, elle, compte toujours placer sa proposition dans le débat public. "Rien n'interdit au Parlement de voter l'interdiction de la grève les jours de fête, il serait même grand temps", a-t-elle affirmé ce jeudi dans un communiqué.


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