Manque de personnel dans les aéroports : quelles conséquences pour cet été ?

par Léa COUPAU
Publié le 11 mai 2022 à 17h30

Source : JT 20h Semaine

Avec la fin des restrictions de voyage, les aéroports français sont de nouveau pleins.
Mais le manque de personnel au sol se fait sentir depuis la fin de la pandémie.
Selon Thomas Juin, président de l'Union des aéroports de France, l'embarquement des passagers risquera d'être beaucoup plus long cet été.

Pour ne pas louper leur avion cet été, les Français devront-ils arriver trois, quatre voire cinq heures avant le décollage ? Si les délais ne sont pas encore définis, le risque est réel. Après deux ans quasiment à vide, les aéroports retrouvent, ces dernières semaines, leurs vacanciers. Problème : les personnels au sol, eux, manquent de bras, faisant craindre une prise en charge plus compliquée des clients durant les beaux mois. Et parfois même des "longues files d'attente avant d'embarquer", annonce à TF1info Thomas Juin, le président de l'Union des aéroports de France.

15 à 20 % de personnels en moins

"On ne va pas s'en plaindre : depuis qu'on ne parle plus de Covid-19, on a une reprise vigoureuse. Au cœur de l'été, on sera même, pour certains aéroports, au même niveau qu'avant crise, voire plus. Mais effectivement, on sera également en sous-effectifs", poursuit-il. Partout en France, la saison commencera "avec 15 à 20% de personnels en moins dans les aéroports". La faute aux nombreux départs de salariés durant la pandémie qui n'ont pas été remplacés, mais aussi au manque de candidats et de temps pour former les futurs salariés.

"On met six mois pour former un agent de sûreté. Si vous revenez six mois en arrière, que se passait-il en janvier ou en décembre ?", ajoute le président, balayant toute critique de manque d'anticipation. Sans compter le manque criant de gardes-frontières, appuie-t-il. "On est dans une situation intenable. Dans certains aéroports, on est vraiment inquiets pour cet été, comme à Bordeaux, où la réouverture de l'aérogare est en suspens."

Mais que les vacanciers se rassurent, "nous ne sommes pas dans la situation des autres aéroports européens", assure Thomas Juin, évoquant les annulations de vols des compagnies aériennes au Royaume-Uni.

Le prix du billet en hausse

"On est dans une dynamique qui nous permettra de passer la saison", assure-t-il, reconnaissant toutefois que cet été, les usagers devront faire preuve de patience. "Il ne faut pas se faire d'illusion", argue le président. Car pour éviter toute situation à risque, les temps d'attente pourraient être encore allongés. "On pourra demander aux passagers de se présenter encore plus tôt. C'est ce qui s'était passé en 2017, quand il y avait une situation analogue avec trois heures d'attente dans les aéroports parisiens."

Aussi, "il faudra être scrupuleux dans le respect des consignes de la compagnie aérienne et ne pas arriver au dernier moment. Sinon, vous risquez de ne pas rejoindre votre vol à temps", prévient-il. Mais outre l'attente, le prix du billet pourrait aussi être légèrement en hausse, en raison de l'augmentation du prix du carburant depuis la guerre en Ukraine. Certaines compagnies ont ainsi déjà réévalué le coût d'un ticket, notamment pour les longs courriers. Selon Thomas Juin, il est possible que la répercussion se fasse d'autant plus sentir à l'automne.


Léa COUPAU

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