Plusieurs grèves sont annoncées dans des aéroports européens ou au sein de compagnies aériennes.
Parallèlement, le trafic aérien devrait retrouver son niveau d'avant crise, avec autant de passagers cet été qu'en 2019.
Deux facteurs qui pourraient gâcher les vacances de nombreuses personnes.

Le cauchemar de 2022 va-t-il se répéter ? Après une saison estivale marquée par d'importants dysfonctionnements dans les aéroports l'an dernier, conduisant à l'annulation de nombreux vols et à la perte de 35.000 bagages, certains craignent de voir ces galères se reproduire dans les semaines à venir, alors que de nouvelles grèves sont annoncées.

Des grèves dans les aéroports européens cet été

Dès samedi 15 juillet, un millier de vols au départ et à l'arrivée des aéroports italiens ont été annulés en raison d'un mouvement de grève parmi les personnels au sol, dans l'objectif que leur convention collective soit renouvelée. Côté belge, les pilotes de Ryanair ont débrayé pour obtenir de meilleures conditions de travail. Ce sont 120 vols qui ont été annulés durant le weekend au départ et à l'arrivée de l'aéroport de Charleroi.

Par ailleurs, les pilotes des compagnies Air Antilles et Air Guyane ont débuté une grève le 14 juillet qui doit durer jusqu'au 19 juillet, perturbant notamment les liaisons dans les Caraïbes. Leur syndicat reproche à la direction un "non-respect de la parole donnée" après un premier conflit en décembre dernier. 

Ces mouvements sociaux devraient être suivis par quatre jours de grèves entre le 28 juillet et le 1er août puis entre le 4 et le 8 août, à l'aéroport londonien de Gatwick, 2e du Royaume-Uni en nombre de passagers. Près d'un millier d'employés ont prévu de se mobiliser, affectant potentiellement des vols de British Airways, EasyJet, Ryanair, TUI, Westjet ou encore Wizz.

Neuf millions de victimes d'annulations ou de retards

En France, si le transport aérien a été fortement perturbé ces derniers mois du fait de la mobilisation des contrôleurs aériens contre la réforme des retraites, de nouvelles grèves n'ont pour le moment pas été prévues pour la saison estivale. Par ailleurs, le ministre des Transports, Clément Beaune, a annoncé sur France 2 la mobilisation de 2000 membres du personnel pour gérer l'afflux de voyageurs et réduire les temps d'attente aux douanes. "J'ai souhaité qu'on ait une meilleure qualité d'accueil, de services, dans nos aéroports", a-t-il justifié. La mise en place d'une meilleure gestion du transport des bagages des voyageurs a également été évoquée.

Cela suffira-t-il à éviter les galères ? Probablement pas, selon des prévisions réalisées par RefundMyTicket, qui aide les passagers victimes de retards, d’annulations ou de surréservations de vol à faire valoir leur droit à une indemnisation. Pour la plateforme, près de neuf millions de passagers devraient être victimes d'annulations ou de retards de vols cet été en Europe.

Une situation qui serait causée par une reprise nette du trafic aérien, conjuguée "à un niveau de qualité des opérations aériennes qui n’est toujours pas revenu à un niveau acceptable au sein des compagnies aériennes mais aussi des aéroports", note RefundMyTicket dans un communiqué. La faute à un moindre recrutement, causé à la fois par des difficultés liées à des conditions de travail peu attractives et une tentative de la part des compagnies aériennes de rattraper les déficits enregistrés lors de la crise sanitaire, selon l'entreprise.

Alors que les mouvements sociaux se multiplient, l'IATA (Association du transport aérien international) déclarait effectivement début juin que les compagnies aériennes s'attendent à transporter 4,35 milliards de passagers dans le monde cette année, non loin du record de 4,54 milliards de 2019, avant la pandémie. Rien qu'en Europe, plus de 412 millions de passagers sont estimés cet été, selon des chiffres de l'OACI, tandis que le bénéfice des transporteurs aériens européens a été évalué par l'IATA à 5,1 milliards de dollars cumulés (plus de 4,5 milliards d'euros) en 2023.


Aurélie LOEK

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