Sécurité routière : comment expliquer la hausse des accidents impliquant piétons, cyclistes et deux-roues ?

Publié le 15 février 2024 à 19h10

Source : JT 13h Semaine

Selon la Sécurité routière, 240 personnes sont mortes sur les routes de France métropolitaine en janvier 2024.
Un chiffre en augmentation par rapport à la même période, l'année précédente.
Le nombre de victimes parmi les usagers vulnérables est en forte hausse. On vous explique pourquoi.

Des routes moins sûres pour les usagers vulnérables ? Dans son bilan du mois de janvier 2024, la Sécurité routière note une hausse du nombre de décès sur les routes de France métropolitaines. Au total, 240 personnes sont mortes sur cette période, soit une hausse de 6% par rapport au même mois, l'année précédente (227 morts). Et parmi ces victimes, les usagers vulnérables sont les plus touchés.

Les usagers les plus dangereux doivent faire attention aux plus vulnérables
Pierre Lagache, vice-président de la Ligue contre la violence routière

Quinze cyclistes (+4), 40 utilisateurs de deux-roues motorisés (+9) et 45 piétons (+15) sont morts sur les routes en janvier 2024. Sur les trois derniers mois par rapport à la même période en 2023, le nombre de décès chez les cyclistes a augmenté de 33%, de 29% pour les piétons et de 25% pour les deux-roues motorisés. A contrario, le nombre de morts en véhicule de tourisme est en baisse sur ce premier mois de l'année  (-14 tués par rapport à janvier 2023) et la hausse est de 1% sur la période de trois mois.

Concernant les cyclistes, la Sécurité routière souligne que ces chiffres s'expliquent en partie par "un engouement pour l'utilisation de modes de déplacements individuels sur les petits trajets" et "les loisirs à vélo en milieu rural". Si le nombre d'accidents à vélo est en baisse par rapport à 2023, semblant montrer que les routes commencent à être mieux adaptées pour ces usagers, il est largement supérieur à celui de 2019, année de référence pour la Sécurité routière, avec 26% de tués en plus sur une période de 12 mois.

La vitesse des usagers mise en cause

"Il y a un trafic qui se développe, donc forcément, il y a un nombre d'accidents qui se développe", reconnaît Pierre Lagache, vice-président de la Ligue contre la violence routière, qui prône par conséquent la nécessité de faire plus attention aux usagers comme les cyclistes, les piétons et les deux-roues. "Les usagers les plus dangereux doivent faire attention aux plus vulnérables", recommande-t-il à propos des automobilistes.

Citée dans le communiqué, la déléguée interministérielle à la sécurité routière, Florence Guillaume, a insisté sur le fait qu'"une attention particulière doit être portée à ces usagers vulnérables". Un fait divers, survenu dans le Nord, a notamment mis en avant que les usagers ne sont pas hors danger, même en respectant toutes les règles de sécurité. Lundi 12 février, en début de matinée, quatre personnes ont été fauchées par un conducteur alors qu'elles se trouvaient sur un trottoir et partaient en randonnée. Le chauffeur a depuis été mis en examen.

D'après la présidente de Prévention routière, le problème est principalement lié à la vitesse. "On a un nombre d'accidents qui est stable, un nombre de blessés graves qui est stable, mais une forte augmentation du nombre de tués. Sur notre sujet de l'accidentalité, cela veut dire, en général, que les accidents sont plus graves et donc, que la vitesse est présente", met en avant Anne Lavaud, une hypothèse renforcée par le fait que ce sont les usagers les plus vulnérables qui en pâtissent.

Plus généralement, les associations constatent une hausse de l'accidentalité sur les derniers mois."On est dans une séquence mauvaise en matière de sécurité routière", estime Pierre Lagache, qui regrette qu'il n'y ait "plus de politique de sécurité routière tenue au niveau national." Les associations estiment également que cette hausse de l'accidentalité pourrait être liée à l'annonce de la fin du retrait de point pour les "petits" excès de vitesse. Car pour les usagers vulnérables, quelques kilomètres/ heure en plus ou en moins au moment de l'impact font toute la différence. "À 30 km/h, en cas de choc d'un piéton et d'une voiture, l'espérance de vie du piéton est de 85%. À 50 km/h, l'espérance de vie du piéton est de 15%", résume Anne Lavaud.


Aurélie LOEK

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