SNCF : polémique après des changements d'horaires sur la ligne Paris-Limoges, un géant du CAC 40 s'en mêle

M.L (avec AFP)
Publié le 4 décembre 2022 à 15h17
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Source : JT 13h WE

Le groupe mondial Legrand a pris à partie la SNCF dans un courrier, après des modifications d'horaires sur la ligne Paris-Limoges, où son siège est installé.
Il regrette la "détérioration" de la ligne, une "exaspération" partagée par des responsables politiques locaux et des manifestants creusois.

Il espère réussir un "coup de pression" : après la mobilisation de manifestants dans la Creuse samedi, c'est le groupe Legrand, géant mondial dans la fabrication de matériel électrique, installé à Limoges, qui s'est irrité de modifications d'horaires sur la ligne Paris-Limoges. L'entreprise fait part de "son exaspération" dans un courrier diffusé ce dimanche, adressé à la SNCF mais aussi à des responsables politiques locaux.

Dans cette lettre publiée par le quotidien Le Populaire du Centre, le directeur général de Legrand, Benoît Coquard, explique avoir appris "avec surprise et exaspération" des modifications d’horaires des trains Intercités de la ligne qui relie Limoges à Paris en 3h15. Le groupe, qui emploie 1200 personnes dans le secteur, rappelle être "la seule entreprise du CAC 40 de la Nouvelle-Aquitaine à avoir maintenu son siège en dehors de la région parisienne" et indique également "s'interroger (...) sur l’intérêt de continuer à localiser sur Limoges nos équipes", déplorant une liaison ferroviaire qui "se détériore".

Selon un représentant de Legrand joint par l'AFP, l'entreprise tente par ce courrier "un coup de pression" pour "rassembler les pouvoirs publics et privés sur cette question de désenclavement", et dénoncer en particulier la suppression "des trains de 6h", laissant un créneau vide de 5h30 à 9h pour rejoindre Paris. 

La SNCF "finalise des études" pour rétablir des trains

"Nous souffrons d’un enclavement inacceptable pour soutenir des politiques ambitieuses de modernisation économique", a aussi réagi le maire LR de Limoges Emile Roger Lombertie, qui dit "s'associer aux récriminations de Legrand". Samedi, près de 300 manifestants s’étaient rassemblés devant la gare de la Souterraine, commune de 5000 habitants dans le nord de la Creuse desservie par la même ligne, pour dénoncer la suppression entre novembre 2022 et mars 2023 de l'arrêt de 7h35 en direction de Paris pour "des opérations de dégivrage", selon la SNCF.

De son côté, la direction d'Intercités a indiqué être "en contact continu avec l'entreprise Legrand et les tient informés de l'avancée des travaux en cours". Le transporteur public "finalise des études" pour permettre l'arrêt "dans la matinée" de deux trains de la ligne Brive-Paris dans cette gare creusoise, a-t-il promis dimanche, sans en préciser les horaires à ce stade. "Un pansement sur une jambe de bois" qui "ne règle pas le problème de fond", a réagi la députée LFI de la Creuse Catherine Couturier, qui était présente à la manifestation de samedi.

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Jusqu’à la fin des années 1980, avec le Capitole, le Paris-Limoges-Toulouse était réputé le train le plus rapide de France, ralliant Limoges à la capitale en 2h54, avant de subir une lente dégradation et d'être la cible de critiques récurrentes localement. En 2016, un projet de LGV Poitiers Limoges qui prévoyait de rallier Paris en deux heures depuis Limoges a été abandonné après une décision du Conseil d’État annulant le décret déclarant d’utilité publique.


M.L (avec AFP)

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