Le ministre délégué aux Transports a assuré que les formations et les recrutements de conducteurs allaient être intensifiés pour faire face à un manque de personnel.
Celui-ci est particulièrement criant dans les Hauts-de-France, région qui accuse "à peu près 10% de réduction de l'offre" de trains, a reconnu le ministre.

"On ne peut pas vivre dans la galère pendant encore des mois". Le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, a promis lundi d'"accélérer les formations et les recrutements" pour faire face à la pénurie de conducteurs SNCF, qui engendre de nombreuses suppressions de trains express régionaux (TER), en particulier dans les Hauts-de-France.

"Je ne vais pas vous dire que dès demain, tous les trains fonctionneront de manière idéale. En revanche (...) on va accélérer les formations et les recrutements de conducteurs", a déclaré le ministre en marge d'un déplacement à Dunkerque. 

136 trains supprimés chaque jour dans les Hauts-de-France

Le manque de conducteurs a contraint la SNCF à supprimer des TER dans plusieurs régions, notamment les Hauts-de-France, où 136 trains sont supprimés quotidiennement depuis le 24 octobre, selon le président du conseil régional Xavier Bertrand, qui a décidé de suspendre temporairement ses paiements à la société ferroviaire. "Ce que l'on veut, ce sont nos trains. Ce bras de fer, s'il faut continuer à le faire, je le ferai", affirmait encore l’élu la semaine passée dans un reportage du 20H de TF1.

 

"Il y a à peu près 10% de réduction de l'offre" dans la région, a convenu Clément Beaune. "Derrière un chiffre un peu global et froid, ce sont parfois des heures d'attente", a-t-il ajouté, dénonçant une situation "ni acceptable, ni supportable".

Le ministre demande "à la SNCF un plan de résorption de ces difficultés le plus rapide possible", a-t-il souligné, assurant qu'il s'entretiendrait "dans les prochaines heures" avec le président de l'entreprise publique, Jean-Pierre Farandou. "En ce moment, la qualité des services n’est pas bonne" dans les Hauts-de-France, avait lui-même reconnu ce dernier en juin sur Public Sénat, disant "comprendre" la colère de Xavier Bertrand, tout en appelant à la reprise des paiements.

Un retour à la normale d’ici "des mois" ?

Pour Clément Beaune, qui a rencontré Xavier Bertrand dans l'après-midi, "il doit y avoir un effort de mobilisation extrêmement fort de la SNCF", même "s'il n'y a pas de baguette magique pour résorber les pénuries de conducteurs en une journée".

"J'appelle l'ensemble des équipes mobilisées à trouver le maximum de conducteurs disponibles", a-t-il ajouté dans un second temps à Lille après son entretien avec le président du conseil régional des Hauts-de-France, suggérant qu'il fallait "tirer les conséquences" de ces tensions et "peut-être payer mieux" pour recruter.

"C'est quand même incroyable qu'une entreprise de la taille de la SNCF puisse découvrir en matière de ressources humaines que d'un seul coup, du jour au lendemain, il lui manque 65 conducteurs", a lancé de son côté le vice-président du conseil régional chargé des Transports, Franck Dhersin, présent lundi à Dunkerque. Concernant l'accélération des recrutements promis par Clément Beaune, il a souligné qu'il fallait "deux mois pour choisir les candidats et ensuite 12 mois pour les former". "On sait très bien que ça mettra des mois pour revenir à une situation normale", a-t-il dit.


M.L (avec AFP)

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