La semaine dernière, les passagers d’un vol Air France à destination d'Accra, au Ghana, ont évité le pire.
Après trois heures de vol, la batterie d’un téléphone portable a pris feu.
Mais la réactivité du personnel de bord a permis d'éteindre l'incendie.

Le lundi 21 août, le vol Air France AF914 quitte l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle à destination d’Accra, la capitale du Ghana. À son bord, les passagers en classe Affaires commencent à somnoler alors que s'annoncent neuf heures de voyage. Mais trois heures après le décollage, une odeur âcre met en alerte le personnel de bord, comme le dévoile Le Figaro. Sur X (ex-Twitter), Ginie Sigonney, hôtesse de l'air, rapporte le témoignage d’une de ses collègues à bord : "Je sens une odeur de combustion de composant électronique. Après avoir vérifié mon matériel, je me lève et commence à regarder autour de moi...". 

Le passager qui possédait la batterie s’était endormi et ne savait pas que ses affaires étaient sur le point de déclencher une urgence en vol.
Mathieu Paonessa, un passager du vol AF914

Il faut faire vite, tout incendie dans un avion peut entraîner une réaction en chaine. Un témoin à bord de l’Airbus A330 déclare à son tour avoir commencé à sentir une odeur de brûlée. Son récit est partagé sur le Forum de l’actualité des hôtesses de l’air et des stewards du transport aérien : "J'ai commencé à vérifier mes propres affaires avant de réaliser qu’une batterie appartenant au passager assis devant avait commencé à fumer", déclare Mathieu Paonessa. "La batterie était branchée sur l’alimentation électrique du siège et se chargeait tout en chargeant simultanément un téléphone portable. Cependant, le passager qui possédait la batterie s’était endormi et ne savait pas que ses affaires étaient sur le point de déclencher une urgence en vol", ajoute-t-il.

De son côté, Marie-Cécile Zinsou, voisine du passager en question, entend ces mots glaçants : "Ça fume, ça va exploser !". "J’ai cru qu’on parlait de l’avion, confie-t-elle dans Le Figaro. J'ai regardé par le hublot et j'ai bien vu que nous étions trop haut, à 32.000 pieds (près de 10.000 mètres, NDLR), pour en réchapper". Les minutes deviennent des heures. Heureusement, le propriétaire de la batterie donne rapidement l'alerte. Aussitôt, le personnel de bord réagit. "En quelques minutes, les deux ou trois extincteurs sont vidés sur la batterie fumante au sol dans l'intercabine et les hôtesses font des va-et-vient avec des seaux à champagne remplis d'eau", poursuit la passagère qui a ensuite posté une photo sur Instagram, montrant le personnel avec des casques antifumées. 

Un emballement thermique

Air France a souligné que l’équipage est "formé et entrainé régulièrement à ce type de situation" et que "la sécurité du vol n’a jamais été mise en cause", l’appareil ayant poursuivi normalement sa route jusqu’à la capitale du Ghana, où il a atterri vers 18 heures lundi soir. 

Sur ses vols, le transport des batteries au lithium externes (et aussi les e-cigarettes) est par ailleurs interdit en soute, mais autorisé en cabine jusqu’à 160Wh. Toutefois, la compagnie aérienne recommande d’emballer les batteries individuellement pour éviter tout court-circuit, et si possible, de transporter les équipements électroniques avec les batteries installées.

Air France

Les appareils électroniques et les batteries représentent en effet un danger potentiel avec un risque de surchauffe qui peut déclencher une réaction en chaîne appelée emballement thermique, émettant de la fumée, des étincelles et un incendie, qui peut être difficile à éteindre. Selon le forum des hôtesses de l’air et des stewards du transport aérien, "le risque croissant posé par les batteries au lithium a récemment incité la Federal Aviation Administration (FAA) à suggérer aux passagers de maintenir leurs appareils électroniques chargés à seulement 30 % ou moins".

La FAA a également suggéré d’éteindre les gadgets inutiles et d’éviter autant que possible de charger les appareils en vol. Quoi qu’il en soit, de nombreuses compagnies aériennes interdisent aux passagers de recharger leurs appareils s’ils sont sans surveillance – y compris lorsqu’ils s’endorment.


Virginie FAUROUX

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