Le 13H

275 euros par Français : pourquoi la SNCF coûte-t-elle si cher aux contribuables ?

M.L | Reportage TF1 Fabien Chadeau, Éléonore Payro
Publié le 23 novembre 2022 à 18h24, mis à jour le 24 novembre 2022 à 9h57
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Source : JT 13h Semaine

La SNCF a coûté 18,5 milliards d’euros aux finances publiques en 2021.
Soit une moyenne de quelque 275 euros par Français, sans même acheter un billet de train.
Mais à quoi sert exactement ce budget ?

Quand vous achetez un billet de train, vous ne payez en réalité qu'une petite partie de ce qu'il coûte en réalité. Pourtant, même à ce tarif, cela reste encore excessif pour certains voyageurs. "C’est un peu trop cher pour nous, les jeunes", lance un passager à la gare de Dijon, dans la vidéo de TF1 ci-dessus. D'autant que selon lui, l'offre n'est pas à la hauteur du prix : "Les trains sont souvent en retard et parfois supprimés, on est obligés de changer nos habitudes, c'est un peu galère", regrette-t-il. Mais les points de vue à ce sujet sont divers. "Le prix, je ne trouve pas ça choquant, et c’est toujours mieux de prendre le train que la voiture", avance un autre voyageur.

Une partie de ces tarifs est amortie par les subventions de l'État et des régions : l’an dernier, 18,5 milliards d’euros d’argent public ont été alloués à la société ferroviaire, d'après une étude du site Fipeco, spécialisé dans les finances publiques, parue ce mercredi 23 novembre. Soit 275 euros environ pour chaque Français, sans même acheter de billet. L'enveloppe a grimpé de près de 11% en un an, puisqu'elle était de 16,7 milliards d'euros en 2020, soit 250 euros par contribuable. Et ces dépenses s'alourdissent d'année en année : elles s'élevaient à 13,7 milliards en 2016.

Les trains régionaux trois fois moins chers grâce aux subventions

En 2021, la moitié de la somme versée (environ 51%) a servi à subventionner principalement les transports régionaux (TER et Transilien), à hauteur de 9,4 milliards d'euros. Grâce à cette enveloppe, les contribuables ont financé 43% des coûts de fonctionnement de la SNCF. "Autrement dit, les usagers n’ont payé directement que 57 % du coût des services ferroviaires", note Fipeco. Mais le taux de subvention diffère d'un type de train à l'autre : "il est quasiment nul pour les TGV et d’environ 75 % pour les TER", d'après le site spécialisé. 

Sans le versement d'argent public, les clients de la SNCF auraient payé trois fois plus cher leur place dans les trains régionaux. "Peu de personnes peuvent payer les billets à leur vraie valeur, moi je ne pourrais pas le faire", reconnaît une passagère. "Je trouve que c'est une bonne chose, quelque part", salue une autre. 

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La France est le pays de l'Union européenne qui subventionne le plus son secteur ferroviaire en valeur absolue : en 2018, un TER recevait une enveloppe de 27 euros par kilomètre environ, contre quelque 10 euros en moyenne dans l'Europe des 27, d'après une étude de la Commission européenne sur le marché du rail publiée en 2021 et citée par franceinfo. "30.000 km de lignes sur tout le territoire, 3000 gares desservies... Ce maillage très important justifie un tel niveau d'investissement", défendait en janvier dernier auprès de TF1 Laurent Trevisani, directeur général délégué stratégie et finances du groupe SNCF.

"Le réseau ferré a beaucoup vieilli"

Par ailleurs, environ un tiers (27,5%) des dépenses publiques ont financé en 2021 les investissements pour rénover et moderniser le réseau secondaire de la SNCF, pour 5,1 milliards d'euros : changement des rails, du ballast (les graviers sur lequel est posé le chemin de fer), et des caténaires. À titre d'exemple, remplacer un kilomètre de voie ferrée revient en moyenne à 1,5 million d’euros. "Le réseau ferré a beaucoup vieilli, il a 30 ans d'âge en moyenne, c'est beaucoup. Il est temps d'accélérer, sinon on va aller de plus en plus vers des ralentissements de circulation des trains", explique Marie-Hélène Poingt, journaliste au sein du groupe de presse spécialisé La Vie du Rail. "Il y a urgence, ce qui explique cette hausse de l'effort en faveur du ferroviaire", poursuit-elle. 

Enfin, la retraite des cheminots a été financée avec plus de trois milliards d’euros, soit près de 18% de l'enveloppe globale, pour équilibrer la caisse de retraite de la SNCF. Même si les régimes spéciaux ont disparu pour les nouveaux embauchés en depuis le 1er janvier 2020, il faut continuer à payer les pensions des actuels retraités. 


M.L | Reportage TF1 Fabien Chadeau, Éléonore Payro

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