Le 13H

VIDÉO - Le témoignage du chauffeur de car scolaire licencié pour avoir déposé les enfants devant chez eux

Léa Tintillier | Reportage TF1 Carlo Parèdes, Emmanuel Sarre
Publié le 30 novembre 2022 à 15h05
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Un chauffeur de car scolaire vient d'être licencié parce qu'il ne respectait pas les arrêts imposés.
À la place, le conducteur s'arrêtait devant le domicile de certains élèves.
Une situation qui a choqué des familles et certains habitants des Billanges (Haute-Vienne).

Comme chaque matin depuis qu’elle est au collège, la fille de Christelle Nozière parcourt quelques mètres de sa maison pour prendre le car scolaire. Un arrêt improvisé devant chez elle afin d’éviter de rejoindre l’arrêt habituel pour les enfants du hameau. "Il y a à peu près 650 mètres jusqu’à l’arrêt officiel. Il faut marcher dans le fossé. Vous avez une voiture qui arrive, vous imaginez une enfant qui marche sur le bord de la route ?", témoigne Christelle, indignée. En effet, le trajet que la jeune fille doit parcourir s'effectue le plus souvent dans le noir, sur une route sinueuse et sans trottoir. Christelle a pourtant effectué deux demandes de dérogations. L’entreprise de ramassage scolaire, quant à elle, prévoit de ne plus s’arrêter de manière intempestive. 

Cette pratique a valu à l’ancien chauffeur d’être licencié pour faute grave, il y a quelques jours, sans préavis, ni indemnités. "Nous avons constaté que vous effectuez délibérément des arrêts sauvages alors que c’est interdit", indique sa lettre de licenciement. Son car étant géolocalisable, il lui a été demandé de respecter le règlement, ce qu’il a refusé. "Le bon sens et l’humanité fait que quand un enfant se trouve dans une situation délicate, on s’entend avec les parents le plus souvent pour que sa montée le matin et sa descente le soir ne soient pas un risque pour l’enfant", explique Damien Tabard. 

"C’est le chauffeur qui sait comment se garer"

Contacté, l’employeur n’a pas souhaité réagir. Pour Élodie Charroux, une autre maman, c’est l’incompréhension. "C’est le chauffeur qui connaît les lieux, comment se garer et c’est le chauffeur qui m’a proposé cet arrêt et j’ai accepté de suite", affirme-t-elle, dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. 

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Mais avec 35.000 arrêts en Nouvelle-Aquitaine, la région, qui organise les transports scolaires, refuse de multiplier leur nombre et évoque une question de responsabilité. "On ne peut pas se permettre de laisser des arrêts à l’appréciation de telle ou telle personne, de façon à ce que, s’il y a un accident, les choses soient claires d’un point de vue juridique", explique Didier Duchier, directeur des transports routiers voyageurs de la région Nouvelle-Aquitaine. 

Quant au chauffeur du car, il a déjà reçu en mairie plusieurs messages de soutien de toute la France, et même d’une entreprise de ramassage scolaire qui souhaite l’embaucher pour son esprit d’initiative. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Carlo Parèdes, Emmanuel Sarre

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