VIDÉO - "S'il n'y a pas de place, on se met dans les toilettes" : la galère des usagers de la ligne TER reliant Arcachon à Bordeaux

M.D. | Reportage vidéo TF1 Yaël Chambon, Christophe Devaux et Alexandra Vieira
Publié le 30 novembre 2022 à 12h27
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Source : TF1 Info

La ligne TER reliant Arcachon à Bordeaux ne désemplit pas.
Faute de budget, la région ne peut pas rajouter de rames.
Une équipe du 13H a embarqué à bord d'un train pour rencontrer les voyageurs.

"On n’est pas dans un TER, on est dans un RER en région parisienne !". En Gironde ce mardi matin, le TER reliant Bordeaux à Arcachon était littéralement bondé, comme les jours précédents. Depuis le début de l’année, pour espérer avoir une place à bord et ne pas rester sur le quai, pas d’autre choix que de jouer des coudes aux heures de pointe. 

À l’intérieur des rames, le moindre mètre carré est occupé. "S’il n’y a pas de place, on se met dans les couloirs, les toilettes… Partout où on peut se tenir debout", raconte, passablement excédée, une passagère, dans la vidéo en tête de cet article. "Regardez comment les gens voyagent !", apostrophe à son tour, scandalisé, un autre voyageur. 

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Comme en région parisienne, les voyageurs sont contraints, bien souvent, de laisser passer des trains avant de pouvoir espérer rejoindre leur destination. "Ça peut arriver, effectivement, confirme un voyageur, béret basque vissé sur la tête. On laisse passer une rame et puis on arrive au retard au travail." Dans le meilleur des cas, car il arrive parfois que le suivant soit tout aussi bondé.

Autre difficulté à bord de ces trains régionaux, la cohabitation entre piétons et cyclistes. Bien souvent, il n’y a pas de wagons adaptés, si bien que certains voyageurs avec un vélo envisagent de reprendre leur voiture. C’est le cas de Yacine, il a encore dû laisser passer un train ce matin. "Par souci écologique, j’essaie de ne pas prendre ma bagnole et d’utiliser les transports en commun. Mais je vais peut-être reprendre ma voiture. Là, ce n’est pas possible", explique le jeune homme. 

Il y a une manière de régler le problème, c’est de mettre des rames supplémentaires. Mais la région ne le fait pas

Denis Teisseire, de l’association de consommateurs Trans’cub

Pour améliorer les conditions de voyage et éviter que les usagers ne finissent par abandonner le train, la solution semble pourtant évidente, selon Denis Teisseire, de l’association de consommateurs Trans’cub. "Il y a un problème de concession des rames aux heures de pointe. Il y a une manière de régler le problème, c’est de mettre des rames supplémentaires. Mais la région ne le fait pas", constate cet usager. 

La fréquentation des TER a augmenté de 18%

La région Nouvelle-Aquitaine a bien conscience du problème. "Nous sommes victimes de notre succès", constate Renaud Lagrave, vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine, à la vue des images montrant les rames bondées. Mais aussi du manque du budget, souligne-t-il. La région verse 320 millions d’euros par an à la SNCF. Pour proposer plus de trains, elle demande aujourd’hui l’aide de l’État.

"On est aujourd’hui dans une situation de blocage, dans laquelle on a mis tout ce qu’on pouvait comme moyens pour faire rouler les TER dans nos régions. On fait des propositions concrètes. C’est sur le bureau du ministre [des Transports]", indique le vice-président de la région en charge de mobilités, qui espère cependant qu’une "décision sera prise rapidement" en haut lieu. Ces trois dernières années, la fréquentation des TER a augmenté de 18% dans la région.


M.D. | Reportage vidéo TF1 Yaël Chambon, Christophe Devaux et Alexandra Vieira

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