Face à la recrudescence des accidents, le gouvernement a annoncé des règles d'utilisation plus strictes pour les trottinettes électriques.
L'âge pour les conduire est relevé à 14 ans, les amendes durcies, mais le casque reste facultatif.
L'option de son port obligatoire reste toutefois sur la table.

Nouveau virage pour la sécurité routière. Le ministre des Transports a présenté mercredi un nouveau plan pour mieux réguler l'usage des trottinettes électriques sur la voie publique, ce dernier devant être appliqué par décret dans les semaines à venir. À  titre de repère, plus de 2 millions de Français en possèdent à ce jour et des centaines de milliers en louent occasionnellement en libre-service. Mais les décès liés à des accidents impliquant ces engins devenus omniprésents se sont multipliés ces dernières années, l'Académie de médecine ayant déjà tiré la sonnette d'alarme face à des blessures gravissimes.  

Dans ce contexte, l'âge minimum pour conduire une trottinette électrique a notamment été relevé de 12 à 14 ans, comme pour les scooters. Les amendes sont fortement augmentées, passant de 35 à 135 euros pour sanctionner la circulation à deux personnes sur un engin ou sur les voies interdites. Les trottinettes devront également être obligatoirement équipées de feux stop et de clignotants. Quid du port du casque ?

"Une obligation doit pouvoir être contrôlée"

Ce dernier n'est toujours pas obligatoire, mais l'option reste sur la table, selon le ministère. "Pour le moment, nous avons fait le choix de ne pas l’imposer, mais il est fortement recommandé et nos campagnes de communication vont le répéter", a précisé Clément Beaune, qui souligne que la trottinette électrique "n'est ni un jouet, ni un jeu". En dévoilant début mars dans le JDD son plan national pour réguler l'usage des trottinettes électriques, à un mois du référendum à Paris sur leur interdiction, le ministre avait déjà eu l'occasion de s'expliquer sur ce choix. "Pour qu'une obligation soit efficace, elle doit pouvoir être contrôlée et cela concernerait un nombre immense de cas", avait-il expliqué. "Si vous le faites pour la trottinette, la cohérence exige que vous le fassiez pour le vélo", arguait-il encore. 

Or, pour Karima Delli, président de la Commission des Transports au Parlement européen, le plan proposé "doit aller plus loin", en introduisant notamment le casque obligatoire "pour toutes les mobilités motorisées", vélo électrique compris.

Le crâne atteint dans 74 % des accidents

En attendant, chacun fait comme il le sent. "J'ai tendance à ne pas le mettre, je le mets dans les lieux à risque", explique une utilisatrice dans le reportage de TF1 en tête de cet article. "J'ai eu trop d'accident pour ne pas le mettre", explique une autre.

Selon une étude réalisée en 2020 pour la Fédération française de l’assurance, seul un loueur sur dix porte un casque, tandis que 86% des propriétaires de trottinette en mettent un. Dans un rapport publié en novembre 2022, l’Académie nationale de médecine estimait de son côté qu'"une réglementation tardive par rapport aux avancées technologiques, et médiocrement observée par les usagers, ajoutée à un environnement souvent mal adapté", a rendu le développement des trottinettes électriques "chaotique et source d’une accidentalité croissante". Or, les lésions affectant l’extrémité crânio-faciale font partie des blessures fréquentes, avec celles concernant les membres, plus particulièrement le membre supérieur. Plus en détail, le crâne est atteint dans 74%  des accidents de trottinette, soit plus souvent que dans les accidents de vélo, où la chute se produit latéralement (43 %).

Dans le cadre du plan dévoilé mercredi, un Observatoire des accidents va aussi être créé. A titre de repère, en 2022, un million de trottinettes ont été vendues en France. 


A. LG | Reportage TF1 Sébastien Hembert, Charles Yzerman

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