Pour éviter les galères et les retards en gare, en pleines vacances de printemps, un plan d'urgence inédit a été déclenché sur la ligne maudite Paris-Clermont-Ferrand.
Chaque soir, une locomotive de secours est envoyée sur les rails, au cas où un train aurait un problème.
Des dispositifs pour prévenir les dégâts causés par les animaux ont aussi été déployés.

Ce soir-là, à Nevers, dans la Nièvre, Ségolène prend les rênes d'une locomotive, mais sans voiture à l'arrière. Elle démarre en direction de Paris, juste après l'intercité de 18 heures. Sa mission : secourir les trains sur la ligne Paris-Clermont, régulièrement critiquée pour ses retards dus aux pannes de locomotives. "C'est une première. À ma connaissance, ça n'existait pas avant", lance la conductrice du train dans le sujet de TF1 ci-dessus.

Elle circule sur une zone de 50 kilomètres, où il y a régulièrement des demandes de secours. "Là, on est à peu près au milieu de la ligne, donc ça permet de pouvoir réagir rapidement s'il y a un incident sur un train. On peut gagner facilement 3-4 heures sur le secours", explique René Desboeuf, qui encadre une équipe de conducteurs au sein de la SNCF.

Un gain de temps, mais pas une solution de longue durée pour Stéphanie Picard, représentante des collectifs des usagers du Paris-Clermont. "La locomotive est là en secours. Si elle est activée, ça veut qu'il y a un problème et qu'il y a un train en rade. On préfère qu'il n'y ait pas de train en rade", déclare-t-elle.

Des techniques pour empêcher les animaux de pénétrer sur les voies

Cette locomotive de secours fait partie du plan d'urgence mis en place après l'incident du 19 janvier dernier. Près de 700 passagers avaient été bloqués à bord d'un train, pendant toute une nuit. "C'est vrai que l'incident de janvier a été marquant et nous a amené à accélérer ce dispositif. On a aussi besoin de s'adapter au gibier, qui est aussi de plus en plus important. On a eu deux fois plus de heurts en 2023 que les années précédentes", indique le directeur des TGV-Intercités, Alain Krakovitch. 

Un dispositif très récent - des blocs de béton en forme de cônes - empêche les sangliers ou les chevreuils de pénétrer sur les rails. "Ça les déstabilise. Ils perdent l'équilibre et de fait, ça les effraie. L'idée est d'en installer davantage", décrit Pascal Rousseau, dirigeant patrimoine et sécurité au sein de l'infrapôle Auvergne nivernais.

Une autre solution : des grillages enfouis sous la terre. Dix kilomètres de plus vont être répartis sur les 400 kilomètres de voies ferrées. "Les chocs avec les engins, quand on roule à 160 ou 200 kilomètres heures, provoque de gros dégâts. Surtout les sangliers, qui sont massifs et trapus", développe Bernard Clarissou, en charge de la modernisation de la ligne Paris-Clermont. Un autre combat mené par les usagers est de réduire à 2h30 la durée du trajet. Actuellement, il faut encore 3h12 pour relier Paris à Clermont, soit quatorze minutes de plus qu'il y a quinze ans.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Colyne Emeriau, Patrick Delannes, Aurélien Flament

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