ENQUETE - Pour la première fois, une voiture électrique chinoise est vendue en France. Avec un triple argument : un prix cassé, une autonomie plus importante et une sécurité équivalente à ses concurrents européens.

Est-ce un premier pas vers une future domination chinoise dans le secteur de l'automobile électrique en France ? Propriété du géant SAIC depuis 2000, la marque MG, anciennement britannique, vient de lancer son premier modèle électrique sur le marché hexagonal. Une réussite qui doit beaucoup à sa fiabilité. Là où les voitures chinoises échouaient auparavant régulièrement aux crashs tests européens bien plus stricts que ceux pratiqués en Chine, la MG ZS électrique a brillamment réussi, obtenant la note maximale : 5/5. 

Un premier succès qui en appelle d'autres, selon Serge Cometti, directeur général de MG Paris : "Avec ce produit et ceux qui  arrivent, nous avons l'ambition d'être dans les cinq premières marques de véhicules électriques en France dans cinq ans". Des ambitions à la hauteur des débouchés. Dopé par les politiques de subventions , comme la prime à la conversion en France par exemple), le continent européen est devenu cet été le premier marché mondial. Pas moins de 500.000 ventes y ont déjà été réalisées cette année. 

7.000 euros de moins

Au delà de son aspect sécuritaire, ce nouveau modèle se démarque par son importante autonomie (260 kilomètres) et surtout son prix cassé. "L'argument principal de cette voiture chinoise, c'est son prix : 30.000 euros, soit moins de 20.000 avec les primes" affirme Jordane Breant, conseiller commercial MG Paris. A titre de comparaison,  la Peugeot 2008, concurrente frontale, se vend 7.000 euros pour une autonomie moins importante.

La clé de cette compétitivité ? La batterie, qui représente presque la moitié du prix du véhicule. Fabriqué majoritairement en Chine, ce produit revient logiquement moins cher aux firmes nationales. De quoi leur conférer un avantage non-négligeable. "Un constructeur chinois peut proposer un véhicule avec une batterie 20 à 30% moins chère que ce que peut proposer un constructeur européen ou américain, en particulier Tesla", précise Clément Le Roy, spécialiste du marché des véhicules électriques. Même son de cloche chez le nouveau fabriquant chinois Aiways, dont les voitures pourraient aussi débarquer en France prochainement. Franck Wang, son PDG, confirme avoir développé sa propre batterie : "Nous la produisons dans la région. Forcément, cela nous coûte moins cher. Et comme nous achetons en grande quantité, cela fait baisser le prix".

Quoi qu'il en soit, la concurrence dans le secteur de l'automobile électrique s'annonce des plus féroces pour les années à venir. Ce mercredi, Elon Musk a d'ailleurs annoncé qu'une Tesla à 25 000 dollars (21 265 €) serait sur le marché d'ici à 2023


Maxence GEVIN

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