La flambée des prix de l'énergie

Prix des carburants : comment expliquer les écarts selon les villes ?

La rédaction de TF1info | Reportage Léa Merlier, Julien Denniel et Sébastien Maloiseau
Publié le 28 janvier 2022 à 13h20, mis à jour le 28 janvier 2022 à 13h28
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Les prix de l'essence et du gazole flambent de semaine en semaine dans tout le pays.
Mais malgré une matière première et un niveau de taxes identiques sur tout le territoire, des disparités existent.
D'une station à l'autre, en fonction de la ville et du département, les coûts varient.

Les prix du carburant continuent leur course folle : la semaine passée, le gazole atteignait en moyenne 1,65 euro le litre, soit 3,26 centimes de plus que la semaine précédente, et plus de 30 centimes par rapport à janvier 2021, selon les derniers chiffres du ministère de la Transition écologique. Soit une hausse de plus de 20% en un an. Le litre de super SP95 était quant lui à 1,72 euro et le SP98 à 1,78 euro, soit 1,80 centime de plus rapport à la semaine passée et 30% d'augmentation en moyenne par rapport à janvier 2021 dans les deux cas. Mais derrière ces moyennes se cachent des disparités géographiques.

Le prix à la pompe n'est pas le même sur tout le territoire en effet : Angers est l’une des grandes villes les moins chères de France avec le litre de gazole à 1,57 euro alors qu’à Montreuil, en région parisienne, il atteint 1,66 euro, selon le site spécialisé Caroom.fr, qui s'appuie sur des données gouvernementales. "Cela me surprend, ce n'est pas vraiment une ville riche pour ainsi dire", commente un automobiliste dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article. 

En ce qui concerne le gazole, Montreuil est la deuxième ville la plus chère après Grenoble. Commune que l'on retrouve aussi dans le classement de tête sur le prix du SP98, en deuxième position juste devant Paris et derrière Saint-Denis, où le litre grimpe à 1,86 euro. Et la flambée des coûts des carburants diffère aussi selon les départements. Dans le top trois qui affiche des hausses de plus de 23% sur le prix du gazole entre janvier 2021 et janvier 2022, on trouve la Haute-Saône, la Côte-d'Or et le Finistère. 

Dans une station de Saint-Renan, à côté de Brest, certains peinent à faire le plein. "Cette augmentation a un très gros impact sur notre budget, mais on n'a malheureusement pas le choix", commente un automobiliste venu faire le plein pour son véhicule. La flambée se répercute aussi sur les professionnels. "Ces hausses sont difficiles à digérer, car on constate des baisses de vente", déplore aussi le gérant de la station, Florian L'Hostis.

Taille, approvisionnement, concurrence : plusieurs facteurs entrent en jeu

Ces différences s’expliquent par la situation et le profil très diversifié des stations-services : les prix de leur loyer et leur taille peuvent influer sur le coût du carburant proposé à la pompe. "Une station qui distribue des volumes très importants aura en général des coûts moindres ramenés au litre distribué", explique Olivier Gantois, président de l'Union Française des Industries Pétrolières (UFIP). À noter également, le cas particulier des stations autoroutières où le prix grimpe souvent, à cause de coûts plus importants engendrés par l'ouverture 24 heures sur 24 et la mise à disposition de places de parking, par exemple. 

La proximité des stations avec les ports et les raffineries, ainsi que les capacités de ceux-ci entrent aussi en ligne de compte : la raffinerie la plus proche de Grenoble est située à Feyzin, dans le Rhône, qui a l'une des productions les plus faibles du territoire, soit 5,8 millions de tonnes de carburant par an contre par exemple 12,3 millions de tonnes pour la raffinerie Total de Gonfreville-l’Orcher, en Normandie, rapporte Actu.fr. "La marge du distributeur, qu’il se fixe lui-même", peut aussi faire grimper les prix, note auprès du site Flavien Neuvy, économiste et directeur de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile. 

Le spécialiste ajoute que la concurrence entre plusieurs stations sur un même territoire peut à l'inverse tirer les montants vers le bas, mais ceux-ci peuvent aussi repartir à la hausse en cas d'affluence touristique dans certaines zones : "Un touriste de passage en vacances ne va pas faire le tour des stations pour avoir le carburant le moins cher ! Il va au plus simple et ne prend pas forcément le moins cher", pointe-t-il.

Pour aiguiller les automobilistes, le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr permet de comparer le prix proposé aux stations-services en temps réel. Mais il n'est pas toujours simple de changer de département pour profiter du carburant le moins cher. Les plus chanceux sont sans doute les frontaliers, notamment ceux qui peuvent se rendre facilement en Espagne, où l’essence coûte 30 centimes de moins grâce à des taxes moins élevées.

Attention toutefois à ce que cette stratégie ne soit pas contre-productive, en pensant à bien optimiser ses trajets pour ne pas perdre le bénéfice d'un carburant moins cher à cause du coût du trajet et des dépenses au passage d'éventuels péages.  


La rédaction de TF1info | Reportage Léa Merlier, Julien Denniel et Sébastien Maloiseau

Tout
TF1 Info