Le village de Bouvines, dans le Nord, a eu une idée simple pour réinventer et sécuriser l'auto-stop.
Le concept qu'il vient de lancer, encouragé par la métropole de Lille, fonctionne très bien, comme vous l'explique l'équipe de TF1 qui s'est rendue sur place.

Juliette a à peine le temps de lever le pouce qu’elle est déjà prise en stop. "Des fois, j'ai dix voitures à peu près, mais là, c'est la première qui m'a prise", se réjouit-elle. Pour ce trajet, la jeune femme a emprunté une ligne d’auto-stop, c’est-à-dire des arrêts installés le long de la nationale en direction de Lille, avec pour terminus la première station de métro. Il suffit d’indiquer grâce à de petits panneaux amovibles la destination aux nombreux automobilistes qui traversent le village. 

Rien de révolutionnaire, mais de quoi compenser l’absence de bus dans ces zones rurales en organisant la pratique. "Ça permet de cadrer un peu plus les choses et de faire des aires d'arrêt un peu plus sécurisées", commente l'automobiliste qui conduit Juliette.

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Sécuriser le stop, l’idée est venue du village Bouvines (Nord), complètement saturé par les embouteillages aux heures de pointe. Les habitants ont fait jouer le bon sens et la solidarité pour partager le trajet jusqu'à la station de métro la plus proche, à 10 km de là. "On offre une solution qui ne coûte rien, les temps d'attente, c'est 5 minutes, fait valoir Frédéric Sarkis, de l'association Microstop.  

Cette démarche qui vient des particuliers est encouragée par la Métropole européenne de Lille (MEL), qui finance les panneaux de signalisation. Dans la région, tout est fait pour réduire le nombre de voitures, comme payer les automobilistes pour venir au travail à vélo, ou encore réserver une voie d’autoroute au covoiturage, sous peine d’amende. Le but est de baisser de 20% l’utilisation des voitures. "Voyager seul dans sa voiture, ça coûte de l'argent, souligne Sébastien Leprêtre, vice-président délégué aux mobilités et aux transports publics  à la MEL. Est-ce que je ne peux pas prendre quelqu'un qui tend le bras et le pouce ? Il n'y a pas d'obligation formelle à le faire, il y a une incitation".

Sur l'autoroute A1, qui concentre le plus de kilomètres de bouchons, près de 20% d'automobilistes se sont mis au covoiturage depuis six mois.


La rédaction de TF1info | Reportage Marion Fiat, Tanguy Joire

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