Dans le Doubs, à cause d'une déviation, de nombreux camions se font surprendre par la hauteur d'un pont et s'y encastrent.
Tout est pourtant signalé, mais rien n'y fait.
Une équipe de TF1 s'est rendue sur place.

L'image est presque devenue habituelle ces derniers jours. Dans le Doubs, plus précisément à la Cluse-et-Mijoux près de Pontarlier, des camions viennent fréquemment percuter le pont des Rosiers, entraînant des bouchons sur plusieurs centaines de mètres. Mais pourquoi ces poids lourds s'encastrent-ils les uns après les autres sous ce pont, sous lequel les véhicules de plus de 3,9 mètres de hauteur ne peuvent pas passer ?

Comme le souligne France 3 Bourgogne Franche-Comté, des travaux de rénovation du réseau d'eau sont en cours depuis le 13 mai dernier à la Cluse-et-Mijoux, ce qui perturbe la circulation sur la la RN57, qui mène en Suisse. Une portion de l'axe étant fermée à la circulation, les automobilistes doivent désormais emprunter des déviations. Une première est réservée aux véhicules dont la hauteur ne dépasse pas 3,9 mètres, tandis qu'une autre a été mise en place pour les véhicules excédant cette taille.

Le hic, c'est que cette deuxième déviation oblige les chauffeurs de camions à faire un détour de plusieurs kilomètres, un trajet supplémentaire bien plus conséquent que celui imposé par la première déviation. Sans surprise, beaucoup ne veulent pas perdre de temps et s'engagent sur la première déviation... qui passe sous le pont des Rosiers, une structure trop basse pour certains. En forçant le passage, ils se retrouvent ainsi complètement bloqués.

"Premier décapiteur des camions de France"

Les automobilistes qui subissent ces bouchons à répétition sont excédés. "Les panneaux sont déjà bien indiqués avant de faire le détour, mais il y en a qui forcent le passage", déplore un conducteur. Un riverain a même confié aux journalistes du 13H de TF1 vouloir que le pont soit refait pour que les camions puissent circuler dessous, et ainsi éviter les accidents.

En dix jours, 30 camions se sont déjà fait surprendre sous le pont. Et ce défilé fait forcément le tour des réseaux sociaux. Le pont des Rosiers a même sa propre page Facebook depuis deux semaines, page qui a rebaptisé le pont "premier décapiteur de camions de France". Des internautes, qui souhaitent rester anonymes, ont créé ce groupe pour sensibiliser les conducteurs imprudents. 

"Trois jours après la création de cette page Facebook, le préfet s'est rendu sur place, la gendarmerie s'est rendue sur place pour renforcer les panneaux de déviation, donc ça a eu un impact énormément positif", se réjouit l'un des créateurs de la page.

Des contrôles nuit et jour

Depuis quelques jours, les gendarmes sortent le mètre pour mesurer les camions. Devant la caméra de TF1, ils arrêtent un poids lourd dont la hauteur s'établit à 4,15 m, soit 25 cm de trop. "On va le verbaliser pour non-respect de l'arrêté préfectoral, on va lui faire faire demi-tour et lui faire prendre la voie de déviation", explique un gendarme sur place.

Les contrôles sont quotidiens, de jour comme de nuit. "Tous les jours, on a des camions qui se présentent et qui se retrouvent bloqués sous le pont ou qui peuvent endommager sa structure en frottant ou en tapant le pont", affirme le capitaine Romain Houliez, commandant de l'escadron départemental de sécurité routière du Doubs. La structure n'a subi aucune casse pour l'instant. Les autorités espèrent pouvoir compter sur la bonne conduite des chauffeurs de poids lourds encore quelques mois. La Nationale doit rouvrir au début du mois d'août.


N.K | Reportage TF1 Irvin Blonz, Grégory Martin, Angéla Hureau

Tout
TF1 Info