Les radars ont rapporté deux milliards d'euros l'an dernier, notamment pour des excès de vitesse.
Mais difficile parfois de s'y retrouver : nous changeons en moyenne 17 fois de limitation de vitesse sur 100 km selon une étude.
Une équipe de TF1 a fait le test sur une départementale en Côte-d'Or.

C'est à y perdre son latin. Entre Dijon et Beaune (Côte-d'Or), sur la départementale 974, les automobilistes doivent faire face à de nombreux changements de limitation de vitesse. On peut ainsi passer de 70 à 50 km/h, puis de nouveau à 70 km/h et enfin 90 km/h, soit quatre changements en moins d'un kilomètre. "On ne sait plus comment il faut rouler. Et puis il faut toujours penser à ce que l'on fait. Les gens devraient toujours avoir le pied sur le frein. C'est ça le problème", déplore un conducteur dans le reportage de TF1 ci-dessus. "Ça devient pénible. Et puis on est limité de tous les côtés maintenant", renchérit un autre. Une automobiliste tranche : "Il vaut mieux prendre l'autoroute à ce moment-là". Mais il faut alors tout de même 3,20 euros pour rejoindre Beaune. 

Un changement de vitesse tous les six kilomètres

La départementale, elle, est gratuite, mais il faut souvent vérifier le compteur. Sur 34 km, le JT de TF1 a fait le calcul : la limitation change 24 fois. En outre, il y a deux radars sur ce tronçon, ainsi que plusieurs radars mobiles. Philippe les connaît bien. Cet artisan prend cette route six jours sur sept. "Ils les mettent toujours au même endroit. Donc une fois qu'on connaît, quand on est du coin, on connaît les localisations. Je ne comprends pas la logique par rapport à la sécurité routière. Je comprends plus la logique fiscale", dénonce-t-il.

TF1

Pour éviter les amendes, Jackie, elle, a adapté sa conduite. "Sur la route de Beaune, je suis autour des 70, 60, ça dépend", affirme-t-elle. Mais attention à ne pas rouler trop doucement, c'est une infraction. La solution pour cette départementale n'est pas facile à trouver. Elle traverse une dizaine de villages et des zones commerciales. "On passe de 50, 60, 70, 80, 90. On ne sait pas quoi faire et personne ne le sait. Personne n'est capable de prendre des décisions. Et c'est bien regrettable", admet Alain Hugard, président de l'Automobile club de Bourgogne.

Ce problème se pose partout en France. Selon la récente étude d'une entreprise spécialisée dans le signalement de radars, la limitation de vitesse change en moyenne tous les six kilomètres sur nos routes. Le risque d'inattention, c'est deux secondes à chaque fois qu'on quitte la route des yeux pour vérifier son compteur.


V. F | Reportage TF1 : Irvin Blonz, Grégory Martin et Nadia Kafou

Tout
TF1 Info