Perpignan est la ville de France qui compte le plus de radars urbains par rapport au nombre d'habitants.
Cet arsenal permet-il de rendre les rues plus sûres ?
Une équipe de TF1 s'est rendue sur place.

Sur les principaux axes de circulation et aux carrefours, que ce soit pour contrôler la vitesse ou le franchissement d'un feu tricolore, les radars sont partout dans la ville de Perpignan (Pyrénées-Atlantiques). "Il y en a pas mal", reconnaît un automobiliste dans le reportage de TF1 à voir ci-dessus. Ce qui agace d'ailleurs certains usagers. "C’est un peu pénible. On se sent observer tout le temps", estime une autre habitante interrogée au volant. "Je me suis fait avoir une fois. Quelqu’un m’a laissé passer, je tournais et je me suis pris le feu rouge. J’ai eu 4 points de mois et ça m’a fait mal", souligne-t-elle.

Parmi les villes françaises de plus de 100.000 habitants, Perpignan est celle qui compte le plus de radars urbains, selon un récent classement établi par le magazine Auto-Plus. Ils sont au nombre de 13 au total, soit 1 pour 9.204 habitants. Suivent au classement Nancy (10 radars, soit 1 pour 10.426 habitants) et Mulhouse (9 radars, soit 1 pour 11.816 habitants). La ville de Paris n'arrive qu'en 25ᵉ position du classement, malgré ses 33 radars, soit 1 pour 65.485 habitants. 

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Avec un tel arsenal, les rues de Perpignan sont-elles moins accidentogènes ? Notre équipe a posé la question à des riverains. Globalement, le déploiement de ces dispositifs semble plutôt bien accepté par la population. "Ce n’est pas si mal, car ça protège les autres", concède un automobiliste. "On est obligé de prêter beaucoup plus attention", reconnaît un autre. Mais tous n'en sont pas totalement convaincus. "Je ne suis pas persuadé que ça soit si dissuasif que cela. Celui qui n’a pas envie de respecter, il ne respectera pas", estime un troisième. 

Bien sûr, la ville devra toujours accueillir l’automobile, mais d’une manière différente
Frédéric Guillaumon, adjoint (RN) en charge des mobilités à la mairie de Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Les piétons sont quant à eux unanimes. "Je pense que [les automobilistes] font un peu plus attention à la façon de conduire, à la vitesse…", déclare, ravie, une habitante. "C’est très rassurant", souligne à son tour une riveraine, qui flâne avec son petit-fils. Rassurer les piétons, c’est justement l’objectif de la mairie de Perpignan. "C’est pour apaiser la mobilité. C’est pour faire cohabiter au mieux le piéton, le cycliste, les trottinettes, qui sont nombreuses maintenant. Bien sûr, la ville devra toujours accueillir l’automobile, mais d’une manière différente", souligne Frédéric  Guillaumon, adjoint (RN) en charge des mobilités à la mairie de Perpignan (Pyrénées-Orientales). 

En tout cas, les résultats sont là. En dix ans, le nombre d’infractions enregistrées par l'intermédiaire des radars automatiques a été divisé par deux dans la ville. "Les radars sont là depuis très longtemps. Ils commencent à être reconnus des conducteurs. Ils ont à la fois adapté leur comportement, pris en compte la présence de ces radars. Donc, oui ! On continuera à investir dans ce dispositif", assure Ludovic Julia, directeur de cabinet en charge de la sécurité routière à la Préfecture des Pyrénées-Orientales. Car il y a certes des progrès, mais des efforts restent encore à faire. L’an dernier, 1175 accidents corporels ont été constatés sur les routes de Perpignan.


M.D. | Reportage Antoine Cazabonne et Emma Alonzo

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