Parmi les constructeurs de voitures électriques, cinq marques du top 10 mondial sont chinoises.
Celles-ci tentent de conquérir le marché européen, malgré des ventes en recul des modèles électriques partout dans le monde.
De son côté, Bruxelles envisage plusieurs mesures pour tenter de favoriser les constructeurs européens.

Vous ne connaissez sans doute pas encore la marque XPeng mais cela ne devrait plus tarder. À partir du mois de mai, ce constructeur chinois, fondé il y a dix ans seulement et déjà implanté en Europe du Nord, va arriver en France. Sa spécialité : des voitures électriques haut de gamme à 50.000 euros minimum. "Le prix est top. Il faut comparer à BMW, Audi, ou encore Mercedes", se réjouit un client, interrogé dans le reportage TF1 en tête de cet article.

Un temps de recharge très rapide

Pour se démarquer des constructeurs européens, la marque chinoise mise sur plusieurs arguments. À l'intérieur, un écran visible exclusivement côté passager a été installé pour regarder des vidéos. Si l'autonomie de la voiture tourne autour de 570 kilomètres, soit une distance dans la moyenne, elle se distingue par la recharge de la batterie, qui est la plus rapide du moment. Elle récupère 100 kilomètres toutes les cinq minutes. À une même borne, une voiture allemande met deux fois plus de temps à se recharger.

Si les constructeurs européens pensent rattraper leur retard en la matière, les marques chinoises, dont XPeng veulent profiter de leur avance. "La part de marché que nous visons en France est à peu près de 3% sur le marché des véhicules électriques d'ici à 2025", met en avant Patrick Fourniol, directeur marketing de XPeng en Europe. Pour ce faire, la marque souhaite développer 40 concessions en France rien que pour cette seule année.

Des marques chinoises qui ont la cote

Depuis 2020, les importations de voitures chinoises se sont multipliées en Europe, profitant de faibles droits de douane. Des marques comme Aiways, BYD ou MG cherchent à s'imposer. L'an dernier, ce dernier constructeur a vendu plus de 35.000 voitures en France. Un succès tel qu'aujourd'hui, l'entreprise développe son service d'après-vente avec la mise en place d'un entrepôt de pièces détachées près de Lens, dans le Pas-de-Calais. 

Quand cet espace sera opérationnel, certaines pièces n'auront plus à être importées de Chine par avion pour réparer une voiture au plus vite. "On va passer aujourd'hui d'environ sept jours à 48h, moins de 48h pour livrer tout le réseau de concessionnaires en France. Ça représente aujourd'hui 170 concessionnaires actifs, d'ici à la fin de l'année, on sera à peu près 200", souligne Maxime Courteille, directeur de l'après-vente de MG Motor en France.

En guise de riposte, Bruxelles a décidé de mettre fin au bonus écologique sur les voitures fabriquées en dehors de l'Europe. Cela n'empêche pas leurs ventes d'augmenter en France. En effet, contrairement à d'autres pays européens, ainsi que les États-Unis et même la Chine, les ventes de voitures électriques dans l'Hexagone ont continué à progresser lors de ce premier trimestre 2024, atteignant 18 % du total des immatriculations, contre 15,4 % sur la même période, en 2023. Un chiffre cependant boosté par le dispositif de la "voiture électrique à 100 euros par mois", dont ont bénéficié 50.000 Français.

Pour parvenir à gagner de nouvelles parts de marché, les constructeurs chinois n'hésitent pas à appliquer des promotions permanentes et des prix 15 à 20% moins élevés que la concurrence. Face à d'éventuelles sanctions douanières, ils prévoient aussi la construction d'usines en Europe. "Aujourd'hui, vous avez BYD mais aussi MG qui souhaitent s'implanter. Pour BYD, ça serait une implantation à horizon 2030 sur le territoire hongrois pour fabriquer sur place les voitures, les batteries", explique Aïda Laabid, experte en vente et mobilité au sein du cabinet SIA Partners. Des stratégies qui pourraient s'avérer payantes sur un marché de la voiture électrique très concurrentiel.


La rédaction de TF1info | Reportage : Pierre Gallaccio, Quentin Trigodet

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