Retards à répétition, rames vieillissantes… Le Paris-Clermont, une ligne laissée à quai par la SNCF

par C.Q
Publié le 20 janvier 2024 à 11h50, mis à jour le 20 janvier 2024 à 12h05

Source : TF1 Info

Un train reliant Paris à Clermont-Ferrand a été bloqué toute la nuit du 19 au 20 janvier.
Un problème récurent pour cette ligne vieillissante, devant être rénovée d’ici à 2025.

Les quelque 700 passagers de l'Intercités 5983 ont dû s’armer de patience vendredi 19 janvier pour arriver à bon port. Partis de Paris peu avant 19h et censés arriver à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) dans la soirée, ils n’ont pu atteindre leur destination que ce samedi vers 6h. Soit plus de huit de retard pour cette ligne, qui suscite régulièrement la colère des usagers. Elle a même été rebaptisée par certains le "vilain petit canard de la SNCF". Mais pour la SNCF, interrogée en 2022 par TF1, "la ligne Paris-Clermont n’est pas davantage soumise aux retards que les autres lignes qui lui sont comparables". 

Toutefois, ce nouvel événement a été qualifié ce samedi matin de "révoltant" pour Laurent Wauquiez. "Je ne me résous pas à ce que l'Auvergne soit traitée comme un territoire de seconde zone. Face à cette situation d’urgence, l’État et la SNCF doivent sortir de l’inertie et de leur incapacité qui sont une honte pour la France", a exhorté le président de la région Auvergne Rhône-Alpes sur le réseau social X.  Toujours sur X, la députée de la 1ʳᵉ circonscription du Puy-de-Dôme (Nupes), Marianne Maximi, dénonce pour sa part "le résultat d'un sous-investissement chronique de la part de l'État et de la SNCF". 

Force est de constater que ce trajet est sujet à des retards plus importants qu’ailleurs et que la vétusté de ses équipements affecte directement les usagers. Régulièrement, ces derniers subissent des voyages interminables, comme ils le confiaient au micro de TF1

"De nombreux incidents aux causes multiples"

Bien plus que d’autres qui ont été modernisées, cette ligne est soumise aux aléas météorologiques et rencontre des retards qui se comptent en heures. En juillet 2022, le Paris-Clermont a eu près de 20 heures de retard, arrivant en gare à 15h au lieu de la veille à 22h30. En juin 2019, en pleine vague de canicule, une rame est arrivée à Clermont avec 11 heures de retard. D’après l’AFP, une tentative de suicide et une rupture de caténaire probablement liée à la canicule étaient ici en cause. 

Exaspérés, les usagers ont déjà tenté d’alerter les pouvoirs publics. Des pétitions ont même déjà été lancées. "Pas une seule semaine ne se passe sans que nos voyages ne soient émaillés par de nombreux incidents aux causes multiples, (…) ceux-ci entrainant retards, annulations engendrant un véritable stress, une désorganisation constante de nos vies personnelles, de nos pratiques professionnelles", dénonçaient-ils dans cette pétition adressée aux élus locaux en 2021.

En septembre 2019, alors qu’il annonçait un déblocage de 700 millions d’euros pour les lignes Paris-Clermont et Paris-Toulouse, Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire général des Transports de l’époque, reconnaissait qu’il y avait "deux sujets principaux", dont celui "du matériel roulant : il a 40 ans, il est vieux et il n’est pas satisfaisant. Il n’est pas connecté. Il doit être absolument remplacé". Des travaux ont ainsi été initiés par l’État et SNCF Réseau, en particulier pour remplacer le matériel vétuste. 

En décembre dernier, la préfecture du Puy-de-Dome faisait justement le point sur ce chantier tout en rappelant son enjeu primordial : "La ligne Paris – Clermont-Ferrand connaît des perturbations importantes du fait de causes externes au système ferroviaire (heurts de gibier, évènements climatiques et accidents de personnes ou aux passages à niveau). Elle est aussi contrainte par un parc de rames Corail et de locomotives vieillissant, avec néanmoins la perspective de son remplacement intégral par des rames ‘Oxygène’ neuves".

Jean Castex et Laurent Wauquiez à la présentation d'un plan de relance ferroviaire le 5 octobre 2020 au Technicentre de l'opérateur ferroviaire public français SNCF à Clermont-Ferrand, centre de la France.
Jean Castex et Laurent Wauquiez à la présentation d'un plan de relance ferroviaire le 5 octobre 2020 au Technicentre de l'opérateur ferroviaire public français SNCF à Clermont-Ferrand, centre de la France. - THIERRY ZOCCOLAN / AFP

SNCF Réseau entreprend donc de moderniser la ligne à l’horizon 2025, avec trois objectifs : l’amélioration du confort du trajet, de la régularité et la baisse du temps de parcours et le développement de nouveaux services à bord. Parmi ces travaux, le groupe ferroviaire compte acquérir "de nouvelles rames ‘Oxygène’ pour 350 millions d’euros". Mais le remplacement de ces rames se fait attendre : selon France Bleu, la première devrait arriver en 2025, tandis que les 12 prévues pour Clermont-Paris ne seront pas mises sur les rails avant fin 2026, début 2027. 


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