Une étude parue ce lundi passe au crible l'absentéisme des salariés du secteur privé en 2023.
Si les arrêts de longue durée sont en hausse, la tendance générale est à la baisse.
On fait le point sur les chiffres.

Des absences de plus en plus longues au travail. C'est le constat dressé ce lundi 15 avril par le nouveau baromètre de l'Absentéisme et de l'Engagement, réalisé par Ayming et AG2R La Mondiale. Les arrêts de longue durée, de plus de 90 jours, sont en hausse généralisée selon cette enquête : plus de 30% depuis 2019. Et ce phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes. Les longues absences des travailleurs de moins de 30 ans ont augmenté de 26% sur un an.

Des absences pourtant globalement en baisse

La tendance générale est toutefois à la baisse. Avec la disparition progressive des effets de la pandémie de Covid-19 et de la transformation du rapport au travail, la France enregistre, en 2023, un taux d’absentéisme de 6,11%, en baisse de 9% par rapport à 2022 (6,70%). En moyenne, c'est l’équivalent de six collaborateurs à temps plein pour une entreprise qui emploie 100 personnes, et de 22,3 jours d'absence par salarié. Pour la population active française, qui compte environ 22 millions de salariés en CDI, cela représenterait en moyenne plus de 1,3 million de collaborateurs absents toute l’année.

Les absences de courte durée, de 4 à 7 jours, sont également en diminution pour atteindre un niveau équivalent à celui d’avant la pandémie. Ainsi, en 2023, 13% des salariés se sont absentés pour une courte durée contre 24% l'année précédente. Ils étaient 12%, en 2019, avant la Covid-19.

Longue durée : la santé et les services les plus touchés

Ces chiffres de l'absentéisme sont en baisse dans l'ensemble des secteurs, à tel point que les disparités observées dans le baromètre de l'année dernière s'estompent. Les secteurs du commerce (5,72 %), de l'industrie-BTP (5,41 %), des services (6,73 %) et des transports (5,75 %) retrouvent des niveaux similaires à ceux de 2021. Le monde de la santé renoue avec une tendance pré-crise sanitaire : 6,62 % en 2023 (6,34 % en 2019). Les secteurs de la santé et des services demeurent cependant les plus impactés par les absences de longue durée. En effet, l'absentéisme de longue durée représente 61% de l'absentéisme du premier et 63% de celui des services. 

La semaine dernière, un autre rapport du cabinet de conseil Diot-Siaci, réalisé avec l'Ifop, aboutissait à des conclusions similaires. Selon lui, le taux d’absentéisme est en baisse : 5,06% contre 5,64% en 2022. Les salariés ont été moins absents en raison de la baisse des arrêts de travail liés au Covid-19 : 22% en 2023 contre 43% en 2022. Les maladies ordinaires, la fatigue et les mauvaises conditions de travail ont retrouvé leur première place au classement des causes d'absentéisme. L’étude pointe par ailleurs que 63% des télétravailleurs déclarent que la possibilité de travailler à distance leur a permis d’éviter un arrêt de travail et que 41% ont déjà travaillé à plusieurs reprises de chez eux en étant malades.


Emma FORTON

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