Nos conseils face au confinement

BOOSTE TA CARRIERE - 10 choses à dire à vos enfants pendant le confinement pour qu'ils s'épanouissent dans leur futur

François Thibault
Publié le 14 avril 2020 à 15h07
BOOSTE TA CARRIERE - 10 choses à dire à vos enfants pendant le confinement pour qu'ils s'épanouissent dans leur futur

Source : Istock

#ÉPISODE36 - Dans ce rendez-vous de notre rubrique Work, François Thibault, consultant en leadership et "soft skills", propose ses conseils pour "booster" votre carrière. Aujourd’hui, il nous parle des enfants… particulièrement présents, quand nous sommes en télétravail.

De nombreux parents télétravaillent depuis 1 mois avec leurs enfants. Ce qui peut être difficile. Mais cela représente aussi une opportunité de créer des relations de qualité et de renforcer les liens. Comme tout parent, vous faites de votre mieux avec l’éducation de vos enfants avec comme objectif de leur donner les armes pour s’accomplir dans leur vie.

 

Je crois en l’éducation. Et je crois que le bonheur est une question d’éducation. La science évalue même cette capacité à 40%. Imaginez maintenant que l’on donne un GPS à votre enfant, et la destination finale est "être heureux". Je vais vous donner maintenant 10 puissantes règles à enseigner à vos enfants tout au long de leur éducation.

 

Alors, prêt pour renforcer la confiance en soi, la résilience (soit la capacité à rebondir face aux difficultés, dont nous avons déjà parlé), et l’aptitude à être heureux de vos enfants, qu’ils soient très jeunes ou adolescents ?  Le confinement est une opportunité pour le faire. Plus vous leur apprenez ces 10 règles, avec répétition, exercices, plus elles agiront comme des boussoles pour les guider.

Règle #1 : tout est possible, alors continue de rêver et fait tout pour réaliser tes rêves

Quand un enfant croit au père Noël, il a un comportement. Quand il n’y croit plus, son comportement change. Les croyances sont de puissants moteurs dans la vie. Et par chance, il est facile de "faire croire" quelque chose à un enfant. C’est, à mon sens, indispensable d'inculquer aux enfants cette croyance que tout est possible. Pour y arriver, je vous donne une astuce que j'utilise. Je demande à ma fille ce qu'elle pense impossible à réaliser. Par exemple, elle me dit qu'il est impossible de monter dans tel arbre. Et je l’ai fait. L’idée qu'un enfant doit intégrer, pour être heureux adulte, est que tout est possible et qu’il n’y a pas de limites.

> Exercice à faire pendant le confinement : demandez à votre enfant d’identifier quelque chose qu’il ne se croit pas capable de réaliser. Puis aidez-le à le réaliser pour casser cette croyance. Cela peut-être en lui montrant des vidéos de choses que l’on croit impossibles et qui ont été réalisées (avion, téléphone mobile, médecine…).

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Règle #2 : n’écoute pas les personnes négatives ou qui critiquent

Adulte, combien de fois ai-je soumis des projets et l'on m'a dit tout de suite que ce n'était pas possible, que je n'étais pas assez bon, que je n'avais pas assez d’expérience. Des personnes qui mettent en avant les aspects négatifs... Un enfant est influençable. Les personnes qui critiquent ont un effet dévastateur sur la capacité à oser, et pire, créent un manque d’estime de soi ("je ne suis pas assez beau, belle, intelligent(e)…").

Alors, je crois qu’il est intéressant de prévenir ses enfants dès le plus jeune âge que, souvent, il y a aura des critiques et qu’il faut parfois les écouter. Il est important aussi de ne pas prendre personnellement la critique. Quand on critique un projet, ce n’est pas l’enfant. La distinction est importante. D’autre part, beaucoup critiquent gratuitement. Mon conseil est d’inviter vos enfants à fuir ces personnes qui sont toxiques. C’est là que vous devez lui expliquer ce qu’est l’amitié. Selon Aristote, c’est une personne qui vous fait progresser. J’ai ma propre définition : une personne qui vous veut du bien, de façon désintéressée.

> Exercice à faire pendant le confinement : montrer à votre enfant cette publicité, faite par Renault, et intituée "ça ne marchera jamais", ou lui parler d'une expérience personnelle où l'on vous disait que vous n’y arriveriez pas ou que votre projet était impossible, et montrer votre réussite. En tant que parent nous sommes des modèles.

Règle #3 : soit tu apprends, soit tu gagnes. L’échec n’existe pas

La peur d’échouer est un vrai frein chez les adultes qui n'osent pas se lancer, à moins d’être sûrs de réussir. Alors apprendre à ses enfants qu’avant toute réussite, il y a forcément des échecs est essentiel. C'est comme un iceberg. On ne voit que la fin. 

L’exemple que je prends souvent est : combien de fois tu tombes avant de savoir marcher ? Combien de jours avant de savoir faire du vélo ? Combien de fusées ont explosé avant d’aller sur la lune ? J’essaye toujours de rappeler aux enfants les étapes qu’il y a eu avant d’avoir réussi un accomplissement. L’idée à enseigner est simple : tu tentes, tu échoues, tu finiras par réussir. Donc plus tu tentes rapidement plus tu réussiras vite. Essayez de trouver des exemples de la vie de votre enfant pour lui prouver qu’il sait déjà çà. A partir du moment où l’on change la perspective de l’échec et qu’on le voit comme une étape nécessaire, on agit. On passe à l’action, et on augmente la confiance en soi. Parce qu’on apprend davantage en tentant.

> Exercice à faire pendant le confinement : faire identifier à votre enfant son plus gros échec, puis lui demander de trouver au moins une chose positive que lui a permis ou appris cet échec.

Confinement : la technologie à la rescousse des enfants en manque de leurs grands-parentsSource : JT 13h Semaine
JT Perso

Règle #4 : sois gentil. Les gentils gagnent toujours à la fin

Un jour, arrive chez nous une commande de nourriture à emporter, et l'on voit qu'ils ont oublié la glace. Je décide d’y retourner dans l’après-midi et je dis à ma fille : "Nous avons deux possibilités. Demander gentiment, ou demander en "grondant"." Depuis son plus jeune âge, elle sait que lorsque l'on est gentil on a plus de chance d’obtenir ce qu’on veut dans la vie. Alors, elle me répond : "gentiment, papa". Et nous avons eu la glace et 2 jouets en cadeau. J’ai alors demandé au serveur du restaurant fast food pour quelle raison il a offert deux cadeaux. Il a dit : "parce qu’elle est gentille". Ce qui a renforcé la croyance que la gentillesse  "paie".

Je vous vois venir. On ne gagne pas toujours. Cela m’est arrivé, évidemment, ce qui m’a permis d’ajouter à cette règle la seconde partie. Il faut de la patience, car la gentillesse ne paie pas toujours immédiatement. L’exemple que je prends toujours est alors de citer les films ou dessins animés. Au début, les méchants gagnent. Mais à la fin les gentils gagnent toujours. Cette règle est efficace pour expliquer à vos enfants que la récompense n’est pas toujours immédiate.

> Exercice à faire pendant le confinement : leur demander de faire un acte de gentillesse (aider une personne, tenir la porte) et leur demander comment ils se sont sentis après. La réponse sera : "heureux". Alors dites-leur que la gentillesse, on le fait d'abord pour soi, pour se sentir bien. Et tant pis si les gens ne sont pas reconnaissants tout de suite.

Règle #5 : il y a toujours une solution, alors cherche-là

Un jour, ma fille marche dans une crotte de chien, monte en voiture à l'avant, et n’ayant que 5 ans, met les pieds sur le tableau de bord. Évidemment, je n'ai pas de mouchoirs. J’ai pour habitude de toujours la faire réfléchir aux solutions. Evidemment,  c’est plus rapide si c'est moi qui cherche la solution. Mais sur du long terme, avoir la capacité de trouver des solutions et de se montrer ingénieux est essentiel pour se débrouiller dans la vie. 

Alors, je lui dis : "Bon, il faut trouver une solution. Il faut trouver quelque chose qui nous permettrait d’essuyer". Évidemment j’avais repéré des feuilles de platanes tombées sur le sol. Elle a fini par s’exclamer : "oh papa, j’ai trouvé, et si on prenait les feuilles d’arbres par terre". Vous vous doutez bien de ma fierté et de sa fierté. La règle à retenir, c'est de toujours inciter son enfant à trouver lui-même la solution. J’insiste sur le fait qu’il y a toujours une solution satisfaisante, ce qui ne veut pas dire parfaite.

> Exercice à faire pendant le confinement : face à un problème que votre enfant rencontre, ou même vous, sous la forme de jeu, invitez tout le monde à chercher une solution plutôt que de ressasser le problème.

Règle #6 : l'encouragement et la reconnaissance

Quand vous avez votre manager qui vous porte attention avec des mots positifs, cela augmente votre engagement. Et bien, pour les enfants c’est pareil. Ils attendent votre jugement. Il n'y a qu’à voir comment ils vous disent : "papa, regarde comme je saute à la corde". Plutôt que de mettre en avant l’aspect négatif lorsque votre enfant n'y arrive pas, ou a une mauvaise note, mettez en avant les points forts, les réussites et... rassurez-le en lui disant que vous allez l’aider à faire mieux grâce à la règle 5.

> Exercice à faire pendant le confinement : félicitez votre enfant pour ce qu’il fait mais surtout sur les moyens qu’il a utilisés. Par exemple : "bravo pour avoir mis la table, et surtout parce que tu as pensé même au poivre et sel".

Règle #7 : rire beaucoup et souvent

Qu’y a-t-il de plus beau qu’un enfant qui rigole ? Un enfant qui dort, voyons ! Enfin, quand on les a en permanence comme pendant le confinement !  Rire est source de bonheur. Alors je crois qu’il faut sans cesse inviter les enfants à faire ce qui les fait rire. Cela doit être un guide de leurs actions.

> Exercice à faire pendant le confinement : trouvez un moment par jour minimum pour rire avec votre enfant, et dites-lui à quel point c’est important. 

Règle #8 : ne te compare pas

La comparaison est un frein pour être heureux. Combien de fois on ne joue pas, car on pense que les autres sont plus forts. Combien de fois, adulte, on se positionne en position d'infériorité parce notre interlocuteur a un meilleur poste ou fait de meilleures études. Voilà ce que je vous invite à faire avec vos enfants. Je pense qu’il faut leur apprendre la relativité et à se jauger sur ce qui compte vraiment. Qui l’on est ou ce qu’on a accompli dont on peut être fier. Pas ce qu’on fait ou possède. Ça, c’est la société de consommation qui nous incite à nous comparer sur ce registre. C'est une grosse erreur pour être heureux. 

Prenons un exemple. Disons qu’un enfant a de meilleurs résultats que votre fils dans une matière, ou est plus intelligent dans le sens intellectuel. Invitez votre enfant à se comparer sur un autre registre. Par exemple : essayez la comparaison sur une échelle de créativité ? Peut-être que c’est votre fils le plus créatif ? Essayez l’échelle du sport ? Ou mieux, penses-tu qu’il est aussi gentil que toi ? On se compare trop, et l’école l'incite aussi sur des critères de réussite visibles tels que les notes ou le matériel. En changeant ce sur quoi votre enfant se compare vous lui éviterez de se découragez une fois adulte et vous allez renforcer son estime de lui.

> Exercice à faire pendant le confinement : si votre enfant se compare, dites lui de réfléchir à une qualité, ou un accomplissement que la personne à qui il se compare n’a pas et que lui a.

Règle #9 : le temps passe vite, alors profite

Adulte, nous le savons, plus on grandit, plus la perception du temps est qu'il passe vite. Enfant, il n’y a pas d’horloge, et le temps ne compte pas, ou n’est pas compté. Je revois encore ma grand-mère qui me disait "profite profite tant que tu es jeune". 

Je crois que beaucoup d’adultes se réveillent tard (à 40 ans ?). Je crois qu’enseigner aux enfants que le temps est la ressource la plus précieuse sur Terre, au même titre que l’air et l’eau, c’est les obliger à bien l’utiliser et à en comprendre la valeur. Alors, voilà ce que je fais pour montrer l’importance de faire que sa vie compte. Expliquez à votre enfant qu’ils vivront 90 ans environ, soit 4.680 semaines. Prenez votre ordinateur, et faites 4.680 lettres "o". Chaque "o" correspond à une semaine. Et invitez-le à cocher chaque semaine qui passe en vert pour par exemple semaine heureuse, et rouge pour semaine moins heureuse. Et soyez positif, montrez-lui qu’il a encore de nombreuses semaines pour agir pour être heureux.

> Exercice à faire pendant le confinement : lui expliquer l’importance du temps, et lui proposer d’imprimer une feuille avec 4.680
 "o".

Règle #10 : ce qui rend vraiment heureux

Je crois qu’il faut dès le plus jeune âge expliquer aux enfants ce qui rend heureux. Et ce n’est pas l’argent, ni le matériel, ni une grosse maison. Selon toutes les études, ce qui rend heureux c’est d’avoir des relations de qualités, de poursuivre des objectifs qui ont du sens pour soi. Pour bien le résumer Clayton Christensen, économiste et universitaire américain, a dit qu’une vie réussie se mesure au nombre de personnes que l’on a influencées positivement.

> Exercice à faire pendant le confinement : l’inviter à appeler ses copains, copines au téléphone pour prendre des nouvelles afin de renforcer les relations et l’amitié.


François Thibault

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