Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

Coronavirus : un salarié sur quatre en chômage partiel en France

La rédaction de LCI
Publié le 8 avril 2020 à 7h02
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Source : JT 13h Semaine

CHÔMAGE PARTIEL - Le recours à l'activité partielle concerne désormais 5,8 millions de salariés dans le privé, soit un salarié sur quatre, a annoncé la ministre du Travail mardi 7 avril. La note s'annonce salée pour l'Etat qui a décidé, au vu des circonstances inédites, de prendre en charge l’intégralité du coût du dispositif.

Ce nouveau record pourrait coûter près de 20 milliards d'euros en trois mois. Le recours au chômage partiel a été demandé pour 5,8 millions de salariés, soit un sur quatre dans le privé, a annoncé ce mardi Muriel Pénicaud, lors d'une audition en visioconférence au Sénat. "On est le seul pays à être à ce niveau de chômage partiel", a-t-elle expliqué.

Lors du précédent pointage tout début avril, le recours à l'activité partielle, nom officiel du dispositif, avait été demandé par 337.000 entreprises pour 3,6 millions de salariés. Au 6 avril, le chômage partiel a été demandé par 544.000 entreprises et concernait "5,8 millions de salariés pour un total de 2,4 milliards d'heures chômées demandées. En moyenne, c'est 12 semaines à 35 heures hebdomadaires qui ont été demandées", a détaillé la ministre, faisant remarquer que "à peu près la moitié de l'économie est à l'arrêt". 

"Sauver des millions d'emplois"

Ce dispositif a été mis en place dans le but de "sauver des millions d'emplois, éviter le chômage à des millions de Français et permettre aux entreprises de repartir plus vite", a rappelé Muriel Pénicaud. Un dispositif qui a un coût. "Si toutes les entreprises qui ont fait la déclaration pour les 5,8 millions de salariés utilisent le chômage partiel pleinement pendant trois mois, le coût au bout de trois mois sera de 19,7 milliards d'euros", a estimé la ministre, appelant à la prudence quant à ce chiffre "très évaluatif", relevant plusieurs inconnues, comme la durée du confinement.

Concrètement, le chômage partiel permet au salarié d'être indemnisé à hauteur de 70% du salaire brut et 84% du salaire net. L'indemnité est prise en charge intégralement par l'Etat jusqu'à une rémunération brute de 4,5 Smic contre un remboursement forfaitaire inférieur au Smic auparavant. Cela concerne 95% des salaires versés en France. Au-delà, le différentiel est à la charge de l'employeur. 

La Chronique éco : Chômage partiel, l'engorgement ?Source : La Matinale LCI
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Un financement garanti par l'Etat

Il n'y a pas de texte précisant la répartition du financement du chômage partiel entre l'Etat et l'Unédic (l'organisme qui gère l'assurance chômage, ndlr), a ajouté la ministre, interrogée pour savoir comment sera répartie cette somme entre les deux. "Mais il y avait un usage : deux tiers Etat, un tiers Unédic. Nous avons proposé à l'Unédic de rester dans ce cadre", a-t-elle souligné. Ce sera formalisé "très prochainement" dans une convention tripartite, entre syndicats, patrons et l'Etat. "L'Etat garantit la dette de l'Unédic (...) donc le tiers qui sera pris en charge par l'Unédic fera partie de fait de la dette garantie par l'Etat", a-t-elle affirmé.

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, qui a fait au moins 80.142 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, le marché de l'emploi est mis à mal partout dans le monde. Dans un rapport publié ce mardi, l'OIT (Organisation internationale du travail) annonce que ce secteur affronte "sa plus grande crise depuis la deuxième guerre mondiale", 1,25 milliard de travailleurs courant un risque élevé de licenciement ou de réduction de salaire. L'Europe et les pays arabes devraient être les plus touchés, selon cet organisme de l'ONU, qui appelle les pays à mettre en place des mesures à grande échelle s'articulant autour de soutien aux entreprises, à l'emploi et aux revenus.


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