La retraite est souvent considérée comme une récompense que l’on prend bien volontiers.
Certains travailleurs peuvent cependant souhaiter continuer de travailler après avoir atteint l’âge légal.
C’est tout à fait possible, mais à partir d’un certain âge, l’employeur peut vous demander de prendre votre retraite.

Pour bien des travailleurs français, la retraite est un moment attendu et espéré. C’est l’occasion de prendre du temps pour soi après des décennies de labeur. Toutefois, certains peuvent être amenés à poursuivre une activité professionnelle après avoir atteint l’âge légal et cotisé à taux plein. Cela peut être nécessaire pour les travailleurs ayant perçu de faibles revenus, et qui souhaitent donc améliorer leur pension en cumulant emploi et retraite. D’autres peuvent tout simplement prendre du plaisir à maintenir une activité professionnelle pendant quelques années. Cependant, un employeur peut souhaiter qu’un salarié prenne sa retraite pour diverses raisons (réduction de l’activité, éviter de licencier, embaucher un profil différent…). Il peut l’exiger sous certaines conditions. 

À quel âge peut-on être mis à la retraite ?

Être mis à la retraite d’office par son employeur n’est envisageable qu’à partir d’un certain âge. Avant 67 ans, c’est tout simplement impossible. En effet, selon la carrière qu’a eu le salarié, il n’aura pas forcément cotisé suffisamment avant cet âge pour obtenir une retraite à taux plein. Mais dès 67 ans, même s’il lui manque quelques trimestres, il obtiendra une pension complète. Ce seuil permet donc d’éviter qu’un travailleur soit contraint de vivre avec une pension diminuée alors qu’il souhaite continuer à travailler. Dans un premier temps, le salarié peut refuser. Mais à partir de 70 ans, l’employeur peut le mettre à la retraite d’office sans son accord. 

Comment se passe une mise à la retraite d’office ?

Dans les trois mois qui précèdent le 67ᵉ anniversaire d’un salarié, l’employeur peut lui demander par écrit s’il souhaite faire valoir ses droits à la retraite. La réponse doit être donnée dans le mois qui suit. En cas de refus, l’employeur n’a que le droit de réitérer sa demande tous les ans jusqu’aux 70 ans du salarié. À partir de cet âge, si le salarié accepte, la procédure est alors assez simple. La date de départ est fixée en tenant compte du même délai de préavis que pour un licenciement. De deux mois par défaut, il peut varier selon les conventions collectives ou accords d’entreprise. En dehors de cela, aucune procédure n’est imposée par la loi. Mais là encore, des dispositions propres à l’entreprise peuvent exister. Une exception existe et concerne les salariés protégés. Comme dans le cadre d’un licenciement, un employeur doit demander l’autorisation de l’inspection du travail pour mettre à la retraite un salarié protégé (délégué syndical, représentant du personnel), même s’il est âgé de 70 ans ou plus. À noter enfin que la notion de "mise à la retraite" a une signification différente dans le secteur public. Elle fait référence à une situation dans laquelle un fonctionnaire n’est plus en mesure de travailler en raison d’une invalidité.  


Victor LEFEBVRE pour TF1 INFO

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