Salaire, avantages, télétravail... Comment négocier pour être gagnant à la fin du mois ?

Publié le 30 janvier 2023 à 16h16

Source : JT 20h Semaine

En France, près de 43% des salariés n'osent pas demander une augmentation à leur direction.
C'est ce que pointe une étude du cabinet Hays, leader du recrutement spécialisé dans le pays.
Son directeur, Oualid Hathroubi, vous donne ses conseils pour parvenir à hausser votre niveau de vie.

C'est toujours un rendez-vous important de l'année pour les salariés. Avec le mois de janvier, arrivent les entretiens annuels. Si certains en profitent pour demander une augmentation à leur patron, beaucoup n'osent pas. Selon une étude du cabinet Hays, leader du recrutement spécialisé en France, 43% des salariés français ne prennent pas l'initiative de réclamer une hausse de salaire à leur direction. Et lorsqu'ils le font, il n'est pas toujours évident de savoir sur quoi négocier. Oualid Hathroubi, directeur du cabinet à Paris, donne quelques conseils à TF1info.

Dans votre étude nationale sur les rémunérations pour l'année 2023, on voit que 43% des salariés français n'osent pas demander d'augmentation à leur patron. Comment explique-t-on cette situation ?

Oualid Hathroubi : Souvent, les salariés prennent l'habitude de rester sagement à leur place et ils attendent que leurs responsables viennent à eux et leur proposent quelque chose lors du plan annuel, lorsqu'ils ont réalisé de bonnes performances. Mais la réalité, c'est que si vous voulez quelque chose en entreprise, il faut le demander. Cela paraît tout simple, mais dans la réalité, c'est peu appliqué par les employés.

D'autant que cette année, avec le contexte inflationniste, on se rend encore plus compte de la différence entre le salaire qu’on obtient et le coût de la vie. Les employés cherchent ainsi à augmenter leur rémunération. Mais en 2023, les hausses moyennes seront en dessous de l'inflation (qui s'élève à 5,9% sur un an en 2022, NDLR). Sur les postes cadres, cette année, il faut compter entre 4 et 5% d'augmentation, bien qu'il existe de fortes disparités selon les secteurs d'activités. 

Sur certains d'entre eux, depuis un an et demi environ, nous sommes passés d'un marché de clients à un marché de candidats avec davantage de propositions de postes que de personnes disponibles. Forcément, la rareté va faire que la rémunération est plus élevée. C'est notamment le cas dans le secteur des technologies de l'information, du secteur de la santé ou encore des secteurs du génie électrique et climatique. Les hausses des salaires peuvent y atteindre les 10, voire les 15%.

Comment bien négocier face à sa direction pour améliorer son niveau de vie ?

On peut faire jouer évidemment la concurrence en allant passer des entretiens dans d'autres entreprises et comparer ce qu'ils nous offrent. Mais si on parle souvent de négocier pour augmenter son salaire, il ne faut pas oublier que dans la rémunération, il y a ce que vous avez sur la fiche de paie à la fin du mois, mais aussi les avantages que vous pouvez obtenir. 

Par exemple, aujourd’hui, on voit que de plus en plus d’entreprises proposent de prendre davantage en charge la partie mutuelle de leurs salariés, parfois jusqu'à 100%. Si cela n'augmente pas votre salaire à proprement parler, vous baissez vos coûts sur le poste de soin, qui est un poste de dépenses important. Vous pouvez également, si vous avez des enfants, négocier pour que l'entreprise prenne une partie plus importante sur le montant à régler pour la garde de vos tous petits en crèche. 

Encore une fois, vous ne gagnez pas plus à la fin du mois, mais il vous reste plus d'argent sur votre compte en banque. Il y a ainsi beaucoup d’avantages qui sont mis en avant qu’il ne faut pas sous-estimer. 

D'autant que lors d'une négociation, il faut avoir en tête que pour augmenter un collaborateur, si je lui donne une augmentation de 1000 euros de salaire brut, il lui restera environ 400 euros. Pour que la personne soit augmentée de 400 euros net, l'entreprise va devoir payer 1500 euros avec les charges patronales. Donc, elle sort 1500 euros pour qu’à la fin, il n'y ait "que" 400 euros dans la poche du collaborateur. C’est quand même un effort important qui lui est demandé. Et quand parfois, elle a des choses qui sont exonérées, c’est plus facile pour elle de discuter et de négocier ces avantages. 

C'est gagnant-gagnant pour tout le monde et aujourd’hui, c’est une vraie base de négociation. D'autant que toutes les entreprises sont obligées d'effectuer cette mutation en termes d'avantages. Dans certains secteurs, on ne peut pas continuer d'augmenter tous les ans les salaires qui deviennent trop importants et ne peuvent pas être assumés.


Annick BERGER

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