Sur les 27 millions d’actifs que comptait la population française en 2022, 13,6 millions étaient des femmes.
La loi Roudy du 13 juillet 1983 réaffirme le principe de l’égalité dans l’ensemble du champ professionnel, et notamment dans la mixité des métiers.
Dans les faits, aucune profession n’est vraiment interdite aux femmes françaises, mais certains secteurs ont encore du mal à se conjuguer au féminin.

Demander à son mari l’autorisation de travailler était obligatoire il y a encore 60  ans. Avant le 13 juillet 1965, les femmes devaient obtenir la permission de leur époux pour contribuer aux revenus de la maison et détenir un compte en banque. Cette époque pas si lointaine fait écho à certaines inégalités qui subsistent. 

D’après le dernier rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié en 2017, seuls 15,5 % des métiers sont mixtes, c’est-à-dire comprenant entre 40 et 60 % de femmes. Elles restent sous-représentées dans les professions dites masculines. Certains métiers qui leur sont ouverts depuis peu restent encore difficiles d’accès. 

Est-ce qu’une femme peut devenir croque-mort ou sous-marinière ?

Dans le domaine funéraire, les femmes ont toute leur place selon Philippe Martineau, fondateur du réseau national de pompes funèbres. Dans la Voix du Nord, il explique que ce secteur pourrait employer jusqu’à 60 % de femmes dans les années à venir. Reconnue pour son empathie et sa délicatesse, la gent féminine s’avère parfaite pour exercer en tant que maîtresse de cérémonie ou thanatopractrice. Et pourtant, une très vieille loi leur interdisait l’accès au métier de croque-mort. À l’époque, il était d’usage de croquer l’orteil du mort pour s’assurer qu’il avait bien trépassé. On pensait alors que cette pratique qui manquait cruellement de subtilité ne pouvait pas être effectuée par une femme. 

Du côté de l’armée française, les sous-marinières n’étaient pas les bienvenues jusqu’en 2014. Aujourd’hui, les femmes peuvent intégrer les sous-marins français nucléaires lanceurs d’engins. Dotés de suffisamment d’espace, ils autorisent l’aménagement d’un dortoir féminin. Sur le sujet, la France était à la traîne puisque la Norvège avait déjà propulsé une femme commandant de sous-marins en 1995 ! 

Les métiers qui se féminisent difficilement

Avant 2009, les Compagnies républicaines de sécurité ne comptaient aucune femme dans leurs rangs. Aujourd’hui la situation a changé même si la féminisation avance à pas lents. Parmi les CRS présents sur le terrain, les femmes représentaient 3,23 % des effectifs en 2018 d’après le ministère de l'Intérieur. 

Même son de cloche dans le secteur du bâtiment, réputé pour être « viril ». D’après la Fédération française du bâtiment (FFB), 12,9 % de femmes travaillaient dans le bâtiment en 2022. Mais comme le rappelle l’Insee dans son rapport 2020, la gent féminine occupe davantage les postes administratifs. On observe guère de femmes parmi les conducteurs d’engins de travaux publics. 

Qu’en est-il dans les métiers du rail ? Dans la conduite de train, tram, métro et bus, les femmes restent sous-représentées. En France, on comptait 15 % de conductrices de train à la RATP et seulement 4 % à la SNCF d’après le rapport 2017 de l’IGAS. Cette fois-ci, l’Hexagone fait mieux que certains pays en retard sur le sujet. 

Et pour les hommes, y-a-t-il des métiers interdits ?

Aucun métier n’est interdit aux hommes. Cependant, certaines professions peinent à s’ouvrir à la gent masculine. Depuis 1982, le métier de sage-femme est accessible aux deux sexes. Pourtant, les hommes ne représentaient que 3 % des effectifs en 2023 (source DREES).  Même constat dans le secteur de la petite enfance. Les hommes peuvent exercer dans ce domaine depuis 1983. Mais selon le rapport 2020 de l’Insee, on dénombre seulement 2 % des hommes parmi les assistants maternels. 


Emilie CARTIER pour TF1 INFO

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