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PSA : le "prêt" de main d'oeuvre en provenance de Pologne fragilise les intérimaires

La rédaction de LCI
Publié le 18 juin 2020 à 20h08, mis à jour le 19 juin 2020 à 15h25
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

SOCIAL - Cinquante ouvriers polonais sont à pied d’œuvre dans l’usine PSA de Metz-Borny en Moselle. Malgré le fait que le "prêt" de main-d'oeuvre soit monnaie courante chez le groupe automobile, leur arrivée divise chez les ouvriers français.

Les salariés français de PSA sont mécontents. Alors que 50 salariés polonais, au chômage partiel chez eux,  se sont portés volontaires pour venir travailler dans l'Hexagone pendant trois mois, cette situation a suscité de vives réactions. "Pourquoi on appelle des Polonais, alors qu'en France on a des intérimaires qui sont sur le carreau ?", se demande ainsi l'un d'eux.

Il faut dire que depuis la reprise du travail, 108 intérimaires, en contrat avec PSA, sont au chômage partiel. Sous couvert d'anonymat, deux jeunes femmes ont accepté de raconter leur situation à une équipe du 20 heures : "Mon salaire ce mois-ci était de 1119 €, je fais quoi avec ça ?", s'insurge la première. Quant à la deuxième, elle raconte qu'elle n'est pas en colère contre les Polonais, ni contre PSA, elle aimerait juste récupérer son travail. "On en a besoin aussi", dit-elle. Et comme son contrat se finit dans quelques mois, l'inquiétude grandit. "Le temps que je passe en chômage partiel, c'est du temps que je perds pour retrouver un autre emploi", poursuit-elle.

La CGT s'insurge

La direction soutenue par la majorité des syndicats explique que le "prêt" de main-d'oeuvre chez PSA est monnaie courante. Ainsi dans l'usine de Metz, en plus des 50 salariés polonais, il y a une quarantaine de Français, venus de Douvrain, Mulhouse, et Saint-Ouen. En tout, 650 Français sont actuellement prêtés en France, et dans 25 pays. 

Une voix dissonante s'élève tout de même face à ce consensus, celle de la CGT. "On refuse de mettre en concurrence les salariés entre eux", souligne Emmanuel Boulanger, estimant qu'il y a de la place pour tout le monde, Polonais et intérimaires.

Via un tract, traduit en Polonais, la CGT soupçonne PSA de vouloir faire des économies en faisant appel aux étrangers. Faux, répond la direction qui assure que les Polonais sont payés comme les Français et fait valoir qu'ils coûtent même plus cher que les intérimaires, du fait des frais de transport et d'hébergement.


La rédaction de LCI

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