La mauvaise réputation peut provoquer un licenciement

par Geoffrey LOPES avec AFP
Publié le 7 juillet 2023 à 8h45

Source : Sujet TF1 Info

La mauvaise réputation, après une sortie de prison par exemple, peut justifier un licenciement de la personne contestée par ses collègues.

En entreprise, le contrat à durée indéterminée ne vous met pas à l’abri d’un licenciement. Votre supérieur hiérarchique doit pour autant trouver un motif réel et sérieux pour vous licencier. Il peut le faire par le biais d’un plan social, souvent présenté comme vital pour la continuité financière de l’entreprise. Il peut également identifier une faute simple, grave ou lourde : état d'ivresse pendant les heures de travail, absences injustifiées, indiscipline ou insubordination du salarié, harcèlement, violences ou injures envers l'employeur ou d'autres salariés, vols dans l'entreprise. La Cour de cassation ajoute qu’un salarié problématique, après une peine de prison par exemple, peut se faire remercier à la demande de ses collègues.

Un salarié agricole retrouve son poste après trois ans d’emprisonnement pour l’agression sexuelle de mineurs. Rapidement, il se heurte à l’opposition de collègues. Une partie de ceux-ci s’opposent à sa réintégration dans l’entreprise. Ils affirment ne pas vouloir travailler avec quelqu’un qui a commis des faits aussi répréhensibles à l’occasion de son rôle d’animateur dans un club de sport de la commune. La personne contestée rétorque qu’il s’agit de faits commis dans la vie privée, sans rapport avec le travail. "Ces faits, compte tenu des fonctions exercées et du domaine d'activité de l’entreprise, n’ont aucune raison d'y créer un trouble", proteste l’ancien prisonnier.

Un fort rejet peut motiver le licenciement

La Cour de cassation ne constate pas que les faits commis et punis causent un trouble dans l’entreprise. Les magistrats relèvent que le fort rejet pose un problème : "La réaction de rejet, d’exclusion, et l’opposition physique des collègues justifiaient le licenciement de celui qui en faisait l’objet. Même si le trouble était causé par la réaction des autres et non directement par l’attitude du salarié rejeté, il s’agissait bien d’un trouble objectif au bon fonctionnement de l’entreprise qui justifiait l’exclusion du salarié visé."


Geoffrey LOPES avec AFP

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