En France, plus de 65% des 50-64 ans travaillent.
Passé 55 ans, il est pourtant de plus en plus difficile de trouver un emploi.
Résultat, beaucoup de seniors se tournent vers des petits boulots.

En attendant la 14e journée de manifestations contre la réforme des retraites, les cinq syndicats représentatifs - CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC - ont été reçus à Matignon la semaine dernière. Parmi les sujets que les organisations ont notamment évoqués, il y a l'emploi des seniors. Il faut dire que cette crise a mis en lumière un paradoxe. De plus en plus de seniors travaillent, mais passé 55 ans, il est de plus en plus difficile de trouver un emploi. Beaucoup sont donc obligés de se tourner vers des petits boulots.

Je me sens utile, mais c'était le but de prendre ce petit boulot qui représente deux heures et quart par jour.
Kim, 56 ans, travaille dans une cantine scolaire

C'est le cas de Kim, que le JT de 20H a rencontré. Depuis trois ans, elle travaille dans la cantine scolaire de sa commune. Sa tâche, préparer et servir le déjeuner pour une cinquantaine d'enfants. Mais ce travail physique n'effraie pas cette quinquagénaire de 56 ans, car elle a de l'expérience. Avant ce petit boulot, Kim a travaillé une bonne partie de sa carrière dans l'événementiel jusqu'à un burn-out il y a quelques années. "Je me sens utile, mais c'était le but de prendre ce petit boulot qui représente deux heures et quart par jour", explique-t-elle dans la vidéo en tête de cet article. 

Se sentir utile, reconnu, c'est une priorité pour Kim, au-delà de l'aspect financier. Aujourd'hui, ce travail à la cantine lui rapporte 380 euros par mois qui viennent en complément d'une pension d'invalidité. "Qui pourrait prendre un deux heures et quart par jour ?", interroge-t-elle. "C'est pas un jeune ou quelqu'un qui est 'en plein milieu de sa vie professionnelle' qui peut accepter de ne faire que ça. Donc, ça va forcément être pour des retraités qui ont encore besoin de travailler ou des seniors qui n'ont plus l'âme de conduire un 35h voire plus", ajoute-t-elle. 

Des plateformes spécialisées dans les petits boulots

Comme Kim, de plus en plus de seniors se tournent vers ces petits boulots dont certaines plateformes se sont même fait une spécialité. Valérie Grau, par exemple, a créé un site de mise en relation entre travailleurs en fin de carrière et employeurs. Aide à la personne, transport, mission de jardinage... les offres sont très variées. Chaque année, 13 000 nouveaux candidats seniors s'inscrivent sur son site : seniorsavotreservice.com. Et ces profils intéressent particulièrement les entreprises. "Notamment celles qui n'ont pas besoin de recruter des personnes à temps complet. Elles n'ont pas la matière à donner, mais par contre, elles sont intéressées pour recruter des seniors à temps partiel", souligne cette entrepreneuse. 

D'autres seniors vont encore plus loin dans le temps partiel. Ainsi, Christelle, cliente mystère chez Smice, décide elle-même de son emploi du temps. Le principe, tester la qualité d'un service à la demande d'un employeur, par exemple dans un restaurant. "Je dois noter les temps d'attente, la tenue du serveur, tout ce qu'il me propose, les suggestions, les formules de politesse", détaille-t-elle. Chaque mois, Christelle réalise une cinquantaine de missions différentes pour une rémunération en espèces ou en nature autour de 1000 euros. 

Mais pour elle, l'important est ailleurs. "C'est une sorte d'indépendance de pouvoir choisir quand on veut travailler, avec qui on veut travailler, quelles missions on veut faire ou ne pas faire. Je n'avais plus envie du travail traditionnel, j'étais secrétaire, ça ne m'intéressait plus", précise-t-elle.

Depuis plusieurs années, le nombre de seniors avec des petits boulots progresse, tout comme le taux d'emploi des 50-64 ans. En 2010, ils étaient 55% à travailler, aujourd'hui, ils sont plus de 65%. 


V. F Reportage TF1 : Nicolas Robertson et Marc Kouho

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