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Pénurie de soudeurs : une école pour former les "acrobates" de demain

par La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Anaïs Lebranchu, Mérième Stiti, Marie Lemesle
Publié le 22 janvier 2023 à 11h43
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le secteur de l'industrie manque de près de 7000 soudeurs en France.
Cette profession est pourtant capitale pour des industries stratégiques comme le nucléaire et la défense.
Pour tenter de redresser la situation, une nouvelle école a été créée par quatre grandes entreprises.

En France, on manque de près de 7000 soudeurs. Un métier pour indispensable pour des secteurs hautement stratégique, comme le nucléaire ou encore la défense, et notamment pour construire les sous-marins du futur. Mais la formation attire peu dans l'Hexagone, si bien qu'en décembre dernier, dans l'urgence, EDF a dû faire appel à des soudeurs nord-américains spécialisés de Westinghouse pour réparer des réacteurs immobilisés par des microfissures découvertes à proximité de cordons de soudure sur certaines tuyauteries.

"Besoins colossaux"

Pour faire face à cette pénurie, quatre entreprises du nucléaire, EDF, Orano, CMN et Naval Group se sont alliées pour lancer une haute école pour former ces "acrobates" de précision. Reprenant le nom du dieu grec Hephaistos régnant sur les forges et la métallurgie, Hefais (Haute école de formation en soudage) accueille ses 40 premiers stagiaires depuis la rentrée, dont 22 demandeurs d'emploi. Basée provisoirement à la Hague dans le Cotentin, berceau de la filière nucléaire civile et militaire, l'école doit former 200 personnes par an à partir de 2023 dans un bâtiment définitif à Cherbourg.

Hefais entend désormais former les "meilleurs soudeurs et soudeuses de France". Ils auront accès à des postes en réalité augmentée ou virtuelle. "On estime que grâce aux environnements reconstitués, on va gagner à peu près 20 pourcent de temps de formation par rapport aux formations habituelle", explique Corentin Lelièvre, directeur haute école de formation de soudage, dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

Les élèves souderont également pour de vrai dans des environnements exigus, comme des morceaux de bateaux ou des tuyauteries de centrales. L'école, dont l'investissement total s'élève à quelque 10 millions d'euros, financé aussi par la région et l'agglomération du Cotentin, est ouverte aux demandeurs d'emploi pour des formations de neuf mois, et aux salariés de la métallurgie désireux de se reconvertir ou de se perfectionner. Elle se rapprochera aussi d'établissements scolaires de la région.

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Elle ne pourra toutefois pas répondre à elle seul au "besoin colossal" de main-d'œuvre alors que les rémunérations n'ont pas encore suivi la forte pression de la demande. La seule filière nucléaire estime ses besoins à 1000 par an d'ici 2030. Elle cherche aussi des tuyauteurs ou des chaudronniers. 


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Anaïs Lebranchu, Mérième Stiti, Marie Lemesle

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