Vacances : les Français soufflent malgré le Covid

Les vacances d'été menacées par la pénurie de saisonniers ?

M.L | Reportage Julien Roux, Erwan Braem et Julia Gardet
Publié le 14 mai 2022 à 23h45, mis à jour le 15 mai 2022 à 0h06
JT Perso

Source : JT 20h WE

À l'approche de l'été, les professionnels du tourisme sont inquiets.
Des maîtres-nageurs aux serveurs de restaurants en passant par les vendeurs en boutique, les candidats manquent à l'appel.
Dans l'hôtellerie-restauration, 200.000 postes restent à pourvoir pour la saison estivale, soit deux fois plus qu'une année normale.

Où sont passés les saisonniers ? Vincent Eap, directeur du camping "Airotel L'Océan" de Lacanau, en Gironde, a encore dix postes à pourvoir sur les 60 proposés cet été. Parmi les trois métiers les plus recherchés dans cet établissement, figurent les agents d'entretien, réceptionnistes et animateurs. "Avec la crise du Covid, je pense que de plus en plus de gens ont décidé de ne plus travailler le mercredi, le samedi, le dimanche, tôt le matin ou tard le soir", avance le recruteur dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article. 

Au total, ce sont "150.000 salariés ont quitté le secteur (de l'hôtellerie-restauration) pour d'autres activités", a indiqué Olivier Guivarch, secrétaire général de la CFDT Services, à franceinfo. Conséquences : d’après les deux syndicats du milieu, l’Umih et le GNI, entre 200.000 et 300.000 places sont encore à saisir pour travailler dans des hôtels ou des restaurants, selon Le Parisien.

Vincent Eap a pourtant augmenté les salaires de toutes ses équipes : les réceptionnistes, par exemple, touchent 210 euros brut de plus par rapport à l'an passé. À l'échelle nationale, après négociations entre les syndicats de l’hôtellerie-restauration, les paies ont grimpé dans le secteur de 16,3% en moyenne depuis le 1er avril, et les heures supplémentaires devraient être plus régulièrement payées. Mais les candidats ont aussi d'autres exigences. "C'est aussi une question de conditions de travail, d'entente, d'ambiance", poursuit le gérant de camping.

"Des métiers très ingrats, très durs, et pas très bien payés"

Les syndicats du secteur incitent ainsi à laisser davantage de week-ends libres aux salariés, et à limiter les "coupures" entre les services du midi et du soir, relève Le Parisien. Des conditions indispensables pour tenir ces postes difficiles. "Ce sont des métiers très ingrats, très durs, et pas très bien payés par rapport au nombre d'heures que l'on fait. J'avais envie de faire un métier l'été qui me plaît, pour bien profiter, mais pas pour rentrer à la maison crevé et ne pas avoir envie d'aller au boulot le lendemain", déplore Guillaume Lalanne, 18 ans, qui a travaillé dans la restauration l'été dernier et est désormais passé de plongeur à maître-nageur du camping.

Les saisonniers semblent donc vouloir se ménager des plages de détente : des jeunes rencontrés à la plage affirment qu'ils accepteraient d'être embauchés, mais pas tout l'été. "Je vais travailler dans une colonie de vacances, mais que 10 jours. J'étais en médecine, il faut que je me repose", confie l'une d'elle. 

Face au SOS des commerçants, de nouveaux profils font leur apparition en entretien d'embauche, comme Audrey, 43 ans. Elle est prête à travailler dans une épicerie de la région du lundi au samedi pour un contrat de 20 heures par semaine payé au Smic. "Je cherche un emploi qui me permette de profiter de ma famille et qui soit à côté de chez moi pour ne pas utiliser ma voiture", explique-t-elle. 

Dans certains cas, on est bien loin du simple job étudiant. "Les personnes qui se présentent sont soit des très jeunes, soit des retraités, donc j'ai opté pour la retraitée parce qu'elle a l'expérience et l'envie, ce qui est essentiel dans le commerce", témoigne une gérante de boutique de prêt-à-porter. Des seniors, mais aussi des travailleurs étrangers, dont des saisonniers tunisiens, sont désormais appelés à la rescousse pour faire face à cette pénurie de personnel, qui concerne aujourd'hui tous les secteurs du tourisme, dans toute la France.


M.L | Reportage Julien Roux, Erwan Braem et Julia Gardet

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